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Jean-Didier Berger

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Interview de Nicolas Sarkozy Parisien 18/07/06

Comment vous est venue l’idée de ce livre ?
Nicolas Sarkozy. D’une manière assez simple. Le premier problème de la vie politique, c’est un déficit d’authenticité. Je ne dis pas déficit de vérité car je sais -par expérience- que la vérité peut être plus ou moins relative. J’ai donc eu envie de prendre un peu de recul en m’efforçant de mettre en cohérence ce que j’avais vécu, ce que je ne n’avais pu ou su expliquer, les leçons que j’en avais tirées. J’ai voulu créer les conditions d’un dialogue avec les Français.

Qui en a choisi le titre ?
C’est Cécilia.

Beaucoup ont le sentiment de connaître déjà tout (ou presque) sur vous. Il y a encore des choses à découvrir ?
Je n’ai pas la prétention d’être un incompris. Mais je revendique ma part de complexité et aussi, à l’occasion, d’erreurs. Je suis heureux de pouvoir ainsi m’expliquer sur mes rapports avec les Américains, sur l’intérêt de la discrimination positive ou ses mes liens précis avec Jacques Chirac car la vie politique est telle qu’on a vite fait de vous caricaturer. Plutôt que de laisser parler en mon nom, autant que je m’exprime! J’ai relevé que François Hollande, parlant de «Témoignage», considère que je m’aime beaucoup: j’admire celui qui est capable de parler d’un livre sans l’avoir lu ! J’ai surtout noté le dépit qu’on ait si peu parlé du sien…

« J’ai attendu avec tant d’impatience de devenir adulte », écrivez-vous…
J’ai toujours voulu être libre. J’ai vite découvert que la liberté allait avec l’âge adulte. Je ne vis donc pas dans la nostalgie de l’enfance. D’autant que j’ai le souvenir d’une enfance où je me posais beaucoup de questions sans avoir les réponses, et où surtout où il y avait toujours quelqu’un pour me dire où il fallait que je me mette, ce qu’il fallait que je fasse et en quoi mon avenir était limité.

Vous dites que la France vit aujourd’hui une situation comparable au grand tournant de 1958…
Depuis trente ou quarante ans, nous ne faisons pas les mêmes efforts que nos principaux voisins. Regardez la Grande-Bretagne ou l’Espagne, et comparez-les avec la France ou l’Allemagne: sommes-nous toujours dans la course? Notre fameux « modèle social », personne n’en veut. Notre modèle d’intégration, personne ne nous l’envie. Si je m’inscris dans la filiation gaulliste, c’est parce que le gaullisme n’a été que ruptures: il a tourné le dos à la tradition de l’empire colonial français, à l’instabilité institutionnelle, à la politique monétaire avec le nouveau franc, à la vieille politique économique en lançant le plan Rueff. En tous domaines, le gaullisme n’a eu de cesse de faire entrer la France dans la modernité. C’est aujourd’hui encore notre défi.

Vous dites votre « admiration » pour un certain nombre de qualités de Jacques Chirac… J’ai voulu lever le voile sur la réalité de nos relations. J’ai fait de la politique ma vie professionnelle or qu’est-ce que je constate ? Il est un homme qui a été élu deux fois président de la République, qui a été nommé deux fois Premier ministre, qui a occupé tous les postes ministériels importants, qui a été chef de parti, qui a su surmonter tant et tant d’épreuves. Si je n’ai pas de la considération pour lui, comme j’en ai d’ailleurs pour François Mitterrand, alors pour qui en aurais-je ? Et quelle suffisance ce serait! Je dis cela sans aucun esprit flagorneur d’autant que, au point où nous en sommes, le Président ne peut rien me donner. C’est donc un moment de ma vie politique où ce que j’écris n’est pas seulement sincère mais totalement désintéressé. Ces lignes peuvent d’ailleurs me valoir plus d’ennuis que d’avantages. Cela étant, je décris aussi nos désaccords de fond qui ne sont pas négligeables, je mets en exergue nos différences et je souligne que nous ne sommes pas agacés l’un et l’autre par les mêmes choses.

Vous seriez, en somme, l’héritier de Chirac sur la forme, pas sur le fond… Dans ma manière de faire de la politique, il y a certainement une filiation. Certains ne disent-ils pas que, s’il y a eu des étincelles entre nous, c’est peut-être parce que Jacques Chirac reconnaît en moi certains de ses traits de caractère, y compris dans la façon dont j’ai pris l’UMP comme lui-même en 1974, porte Maillot, avait pris l’UDR. Et ne peut-on considérer que son choix de Giscard aux dépens de Chaban en 1974 ressemble au choix que j’ai fait de Balladur en 1995 ? J’apprécie aussi chez Jacques Chirac sa façon de ne jamais renoncer. Pour le reste, il y a beaucoup de différences qui sont respectables. J’aime le débat d’idées, je ne pense pas que cela le passionne. J’aime convaincre, lui préfère enflammer. Il voit la France fragile et rétive au changement, je la vois solide et impatiente du changement. Aux pires moments de nos affrontements, j’ai senti chez Jacques Chirac de l’agacement, parfois de l’exaspération. De la haine, jamais. Y compris quand il m’a interdit de me présenter à la présidence de l’UMP, et que j’ai refusé de céder. Je suis conscient également de la façon dont il m’a fait pleinement confiance aux heures de crise: celle des banlieues, par exemple, ou du CPE.

En défendant un « libéralisme régulé », ne cherchez-vous pas à polir votre image ? On peut présenter les choses comme ça. En même temps, quand je suis ministre des Finances et que je fais racheter par l’Etat 21% d’Alstom ou que j’empêche Novartis d’acheter Aventis, c’est par conviction. Les réserves que j’ai sur la politique de l’Euro fort, je les ai exprimées dès 1993 pour le Franc. Avec ce livre, je cherche à revenir à l’essentiel. Je ne suis pas décidé à faire des compromis.

« La rupture que j’appelle de mes voeux, écrivez-vous, n’est pas une rupture avec la France que nous aimons »…
Des France -voyez l’Histoire- il y en a plusieurs. La France rebelle, inventive, qui ne renonce pas, qui ne délaisse pas l’avenir en s’enfermant dans le passé, c’est avec cette France-là d’abord que je veux renouer. Quant à la rupture que j’appelle de mes voeux, c’est avec une certaine façon de faire de la politique.

Pour vous, les classes moyennes ont été abandonnées, et elles sont pourtant la clé du sursaut…
C’est une erreur de mobiliser un pays autour de la seule situation des exclus. Bien sûr qu’il faut leur tendre la main. Mais consacrer la politique sociale à eux seuls, c’est une grave erreur. Il y a une catégorie de salariés -dans le public comme dans le privé- qui ont une famille, un emploi, une voiture, qui travaille dure et pour qui la vie est pourtant très difficile. Quelles perspectives lui offre-t-on ? Chez nous, 1 Français sur 2 est propriétaire de son logement. En Angleterre, 2 Anglais sur 3. N’est-ce pas autrement plus positif de mobiliser un pays en disant, y compris aux petits salaires, vous allez devenir propriétaires de votre logement plutôt que d’avoir comme seul projet de couvrir la France de HLM ? Je crois au travail, à la promotion sociale, au mérite, à l’effort. Je dis donc à cette France qui travaille qu’elle ne se désespère pas. Elle doit croire en la promotion sociale de sa famille. L’avenir doit redevenir une promesse et ne plus être une menace.

Vous combattez l’immigration clandestine, mais vous refusez l’idée d’une immigration zéro. Une voie étroite quand on observe votre difficulté à régler le dossier des élèves sans-papiers…
Quand je vois que des députés PS appellent à ne pas appliquer la loi, je leur rappelle que c’est la leur, pas la mienne. Seconde remarque: ces familles qui demandent à être régularisées sont arrivées entre 1998 et 2002 pour l’essentiel, à une époque où tous les clandestins se disaient: on va être régularisés, il faut qu’on tienne. Qu’est-ce que je veux faire ? 1. Tous ceux qui relèvent de la convention de Dublin seront raccompagnés. En clair: tous ceux qui ont déposé une demande de régularisation au titre de réfugié politique dans un autre pays de l’Union seront raccompagnés dans ce pays. 2. Tous ceux qui n’ont pas de liens avec la France -c’est-à-dire ceux qui sont arrivés après l’âge de 15 ans, après le début de l’année scolaire ou qui essaient de profiter d’un effet d’aubaine- seront pareillement raccompagnés. 3. Nous régulariserons ceux qui sont arrivés chez nous jeunes et n’ont pas (ou plus) de liens avec leur pays d’origine. Le 24 juillet, je publierai le nombre exact d’expulsions et de régularisations. Chaque jour, il y a quelques dizaines de familles qui sont expulsées. Si je régularisais tout le monde, non seulement je créerais une nouvelle filière d’immigration, mais les familles des nouveaux régularisés demanderaient immédiatement le regroupement familial. Un engrenage que personne ne contrôlerait.

Londres, dites-vous, est en passe de devenir la septième ville de France tant les jeunes Français y affluent…
Tous les enfants ne sont pas capables de passer les grands concours mais, dans le système anglais, à condition d’accepter de travailler dur, on peut intégrer une grande banque ou une grande entreprise : on y est formé et ça vaut HEC. Cela s’appelle une deuxième chance. D’où l’afflux de Français. Car la partie la plus dynamique de notre jeunesse s’imagine que, pour réussir, elle doit partir. Je n’accepte pas ce raisonnement. Quelle France étonnante où ceux qui ont de l’argent sont encouragés à s’installer en Belgique, en Espagne ou en Suisse tandis que nos meilleurs jeunes décident de traverser la Manche! Pas un restaurant à Londres sans un serveur français et, quand on leur demande: pourquoi êtes-vous là ? Ils répondent parce qu’on veut travailler. Dans toutes les capitales européennes, les magasins sont ouverts le dimanche: pourquoi n’est-ce pas le cas à Paris ?

A propos de l’affaire Clearstream, vous dites des choses très dures, notamment sur Jean-Louis Gergorin, et vous souhaitez toute la vérité…
Mettez vous à ma place: je n’ai jamais rencontré M. Gergorin. Or ce Monsieur me dénonce à un juge, transmet des fichiers de banques truqués, évoque un voyage en Inde que je n’ai jamais effectué, se répand en considérations multiples sur moi et -le plus insupportable- masque tout cela sous un raisonnement pseudo-intellectuel. S’agissant de Dominique de Villepin, j’ai choisi de lui faire confiance. Je n’arrive pas à croire que, derrière toute cette affaire, il y ait eu une volonté politique. D’une certaine façon, c’est ce qui explique que j’aie choisi de ne pas quitter le gouvernement.

Vous évoquez Cécilia. J’ai pris conscience, dites-vous, de l’avoir « trop exposée »… D’abord, c’est Cécilia qui m’a demandé d’écrire ces lignes. Ensuite, je ne me suis jamais plaint. J’ai été poursuivi, harcelé. Nos enfants, nos parents ont dû supporter les commentaires de ceux qui prétendaient savoir et ne savaient rien. J’ai donc trouvé que consacrer un chapitre de mon livre pour clore ce chapitre de ma vie était nécessaire. Qui aurait compris que je n’en parle pas ? J’ai voulu tout dire des sentiments sans rien dire des faits. Je l’ai fait avec pudeur et vérité. Cela dit, j’ai sous-estimé la rudesse du combat politique et sans doute surestimé la capacité de Cécilia à encaisser les attaques qui, à un moment donné, se sont concentrées sur elle. Je m’en veux de n’avoir pas suffisamment protégé les miens.

Dans votre livre, avez-vous tout dit ?
Tout ce que j’ai dit, je le ferai. C’est une question de respect et de crédibilité de la parole politique.

Qu’aimeriez-vous que les Français disent après avoir achevé votre livre ? Il est vrai. Il ne joue pas la comédie.

Vous dites que la présidentielle de 2007, ce sera du 50-50 ?
Un destin, c’est la rencontre d’un caractère et d’une situation. Je me suis demandé pendant des années si j’avais le caractère. La situation, je la sens favorable. Je suis prêt comme je ne l’ai jamais été. Mais, quel que soit le candidat socialiste, ce sera difficile.

Y-a-t-il un risque de destruction du Liban ?
Oui. Du fait de la volonté syrienne de continuer à peser au Liban, du comportement de certaines milices armées dont il faut que le Liban se débarrasse, des craintes légitimes d’Israël pour sa sécurité, il y a un risque réel de désintégration d’un petit pays important pour la région, important pour la France. On ne peut pas mettre sur le même plan le Hezbollah et Israël: le Hezbollah -mouvement terroriste- est l’agresseur. Mais cela ne m’empêche pas de conseiller à Israël de ne pas sur-réagir: «Ne commettez pas l’irréparable, proportionnez votre réplique. Je veux aussi insister sur les dégâts que provoque l’Iran, qui est clairement derrière le Hezbollah. Que les dirigeants iraniens souhaitent rayer Israël de la carte, ce n’est tout même pas de l’anecdote. Pourquoi cette guerre au Liban ? Parce que les Iraniens, par Hezbollah interposé, cherchent à détourner l’attention du monde de ce qu’ils préparent, eux, en matière nucléaire.

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