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La France a des défis considérables à relever !

Principaux extraits de l’entretien de Nicolas Sarkozy avec les lecteurs du Parisien
Mercredi 24 novembre 2004
Entretien coordonné par Bruno Jeudy, Myriam Lévy et Dominique de Montvalon

«Il ne faut plus de l’argent de l’étranger pour financer les mosquées dans nos quartiers».


Vous voulez remettre en cause la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat pour permettre la construction de mosquées…



Le monde politique est si immobile que, dès que quelqu’un avance une idée nouvelle, au lieu de réfléchir ensemble aux questions posées, on préfère critiquer sans nuances celui qui propose. La France a des défis considérables à relever. Ce n’est pas uniquement avec les idées d’il y a cinquante ans qu’on préparera l’avenir. Je resterai un homme libre. On ne me fera pas rentrer dans le conformisme de la pensée unique. Dans mon livre, à aucun moment je n’ai demandé la remise en cause de la loi de 1905 dans ses grands équilibres comme dans ses principales dispositions. Pour autant, j’observe que, depuis 1958, on a modifié dix-sept fois la Constitution de la Ve République sans ébranler les « colonnes du temple ». Il y a un siècle, quand on a écrit la loi de 1905, il n’y avait pas un musulman sur le territoire métropolitain. La France était catholique. Aujourd’hui, elle est multiple : c’est une différence qui compte. Il ne faut plus de l’argent de l’étranger pour financer les mosquées dans nos quartiers. Il ne faut plus d’imams qui ne parlent pas un mot de français. Dire cela, c’est affirmer des choix raisonnables pour faire émerger un islam de France, et pas un islam en France. Or, la communauté musulmane de France est plus pauvre que les autres. Ils sont les héritiers de ceux qui sont venus construire nos voitures et nos autoroutes. La République doit se préoccuper de cela pour améliorer la situation, se débarrasser des influences étrangères sans modifier nos équilibres ni solliciter les contribuables. Je rappelle que les problèmes viennent des lieux de culte clandestins dans les caves et les garages, pas des mosquées publiques. Avec quelques adaptations à la loi de 1905, on pourrait mieux lutter contre l’intégrisme et réparer des injustices. Cela vaut la peine que l’on en parle sereinement.


« Nos élites républicaines doivent représenter la diversité de la société »




Est-ce normal qu’à la quatrième génération d’immigrés on parle encore d’intégration ?


Non, et cela témoigne bien de la panne de notre système d’intégration. Je n’aime guère l’expression « Français de souche ». A mon arrivée au ministère de l’Intérieur, j’ai réuni les cent préfets. J’ai dit à mon collaborateur : « Il n’y a pas quelque chose qui te frappe ? Moi si. Il n’y a pas assez de diversité dans leur recrutement. » Il n’y avait pas d’Aïssa Dermouche, celui que j’ai nommé dans le Jura. Ce n’est pas normal que nos élites se ressemblent toutes. Au-delà de Zidane et des footballeurs, les jeunes des quartiers doivent pouvoir s’identifier à des magistrats, à des journalistes, à des hauts fonctionnaires. Nos élites républicaines doivent représenter la diversité de la société. Pour revenir à la religion, je ne suis pas une « grenouille de bénitier », seulement un pratiquant à éclipses. Mais j’observe que l’idéal républicain ne répond pas à la question spirituelle du devenir après la mort : il se préoccupe, et c’est déjà beaucoup, de ce qui se passe entre la naissance et la mort. On me dit que la religion relève de la seule « vie privée ». Pour moi, ce débat concerne simplement la vie.


« J’ai compris qu’une identité humiliée est une identité radicalisée »




Vous étiez contre la loi sur le port du voile à l’école…


J’ai toujours été contre le port du voile sur les photos d’identité. Rappelez-vous le congrès du Bourget de l’UOIF où je m’étais fait siffler pour avoir rappelé cette exigence. Je suis opposé à son port également au guichet des administrations comme à l’école. S’agissant de la loi, je craignais qu’elle soit vécue comme une loi d’exclusion. Mon inquiétude, c’est que toutes ces jeunes filles se retrouvent exclues de l’école publique, et donc obligées d’aller dans des écoles confessionnelles musulmanes où, là, le voile ne serait pas un choix, mais une obligation. Finalement, grâce à une application ouverte des choses par l’Education nationale et au sens de la responsabilité de nos compatriotes musulmans, il n’y a pas eu de débordement. Je m’en félicite.


N’êtes-vous pas en train de trop islamiser le débat ?


En quoi est-ce islamiser que de reconnaître que la France, qui a su magnifiquement intégrer les Polonais, les Italiens et même les Hongrois, n’arrive pas à intégrer la dernière vague migratoire, celle qui provient de l’Afrique du Nord ? Mon engagement à droite est sans ambiguïté, mais on ne peut être ferme sur la durée que si on est juste. Je souhaite que ma famille politique évolue vers plus de générosité et d’ouverture. C’est pour cela que j’ai, notamment, proposé la réforme de la double peine. Le ministère de l’Intérieur m’a ouvert à une France que je ne connaissais pas. C’est là que j’ai compris qu’une identité humiliée est une identité radicalisée.


« Dans la lutte contre l’antisémitisme et l’islamophobie, il faut un dialogue entre les représentants des religions »




Que faut-il faire pour éviter la montée de l’antisémitisme en France ?


L’antisémitisme et le racisme découlent de l’intolérance, elle-même produit de l’ignorance. Il n’y a qu’une solution : c’est la connaissance et le savoir. Je ne comprends pas pourquoi, dans nos écoles, on passe son temps à expliquer l’histoire des divinités grecques et on parle si peu de l’histoire des grandes religions et des grandes civilisations.

Excusez-moi, M. le Ministre, mais l’étude des grandes religions monothéistes est au programme de 5e !


Ça va sans doute mieux depuis quelques années ! Mais je voudrais quand même qu’on mette l’accent sur les points communs pour leur montrer qu’ils ne sont pas différents. Celui qui n’aime pas un juif ressemble à celui qui n’aime pas un Arabe : c’est, dans les deux cas, de la bêtise à l’état pur. Je crois, enfin, qu’il ne faut rien tolérer. On a été trop tolérant en cherchant des explications à l’inacceptable. Il faut sanctionner sans faiblesse afin d’éradiquer ce qui n’est ni plus ni moins qu’un fléau.

Où va le Conseil français du culte musulman (CFCM), si divisé ?


Dans la lutte contre l’antisémitisme et l’islamophobie, il faut un dialogue entre les représentants des religions. Avant la création du CFCM, il ne pouvait pas exister puisque l’islam de France n’était pas représenté. Si les chefs des religions ne discutent pas entre eux, comment voulez-vous que, à la base, il y ait une entente ? C’est vrai qu’il y a des problèmes au sein du CFCM, mais l’institution est récente. Il faut lui donner le temps de s’installer. Pour le reste, depuis qu’elle existe, elle a été un facteur d’apaisement.


« Depuis l’euro, les prix augmentent en France plus qu’ailleurs »




La baisse des prix que vous avez obtenue des supermarchés ou sur l’essence compense-t-elle réellement l’augmentation du coût de la vie ?


Non, ce n’est pas suffisant. Il faudra continuer cet effort. Mais j’ai été le premier à reconnaître qu’il y avait un problème : depuis l’euro, les prix augmentent en France plus qu’ailleurs. J’ai commencé à engager le processus indispensable pour le consommateur de baisse des prix. J’ai voulu marquer le coup à la rentrée 2004 avec une première baisse des prix, et elle a eu lieu. L’Insee a indiqué que, sur 14 000 produits dans les supermarchés, la diminution avait été de 1,57 %. C’est sans doute insuffisant, mais cela vaut mieux que les hausses auxquelles on avait été habitué. Enfin, je laisse un projet de loi parce que j’affirme qu’il faut changer les méthodes, pour qu’il n’y ait plus d’entente entre les industriels et les grandes surfaces sur le dos des consommateurs. Dans ma future responsabilité, je ne laisserai pas tomber cette affaire, vous verrez.


« Je me suis engagé à rendre le surplus de recettes fiscales engrangé du fait de la hausse du prix du pétrole »




Pourquoi rembourser la hausse des taxes sur le carburant aux seules personnes âgées et pas à tous les Français à faibles revenus ?


Il y a deux taxes sur le prix de l’essence : la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) dont les recettes évoluent avec les volumes et la TVA dont les recettes évoluent avec le prix du pétrole. Je me suis donc engagé à rendre le surplus de recettes fiscales engrangé du fait de la hausse du prix du pétrole. Sur la TIPP, on a eu moins de rentrées fiscales parce que les gens ont moins consommé. Sur la TVA, on a eu 60 à 70 millions d’euros de recettes en plus. Si on avait redistribué cet argent à toute la population à faibles revenus, chacun aurait reçu une somme infinitésimale. J’ai fait un choix : celui de privilégier les personnes qui sont au minimum vieillesse. Parce que le chauffage en cette période de début d’hiver représente, pour elles, une grosse dépense.



« Depuis huit mois que je suis ministre des Finances, j’ai fait baisser le déficit de 10 milliards d’euros ! »




Sur les documents joints à ma feuille d’impôt, j’ai été effarée d’apprendre que le montant du déficit de l’Etat était de 55 milliards d’euros et que les intérêts de la seule dette s’élevaient à 38,6 milliards…


Depuis huit mois que je suis ministre des Finances, j’ai fait baisser le déficit de 10 milliards d’euros ! Jamais, dans l’histoire budgétaire de la France, il n’y a eu une telle réduction du déficit en une année. Souvenez-vous des discussions que j’avais eues avec le président sur le budget de la Défense, parce que je trouvais qu’on dépensait trop. J’ai demandé – et je l’assume devant vous – qu’on suspende la baisse d’impôts, parce que je ne pouvais pas les diminuer et, en même temps, rembourser notre dette. Mais c’est un fait : depuis vingt-trois ans, nous sommes tous collectivement responsables de la hausse des déficits. La France est droguée à la dépense publique. Nous vivons au-dessus de nos moyens. Vous êtes enseignante : sachez que 40 % des dépenses de l’Etat, ce sont les salaires et les pensions de la fonction publique. Les intérêts de la dette représentent, eux, 15 %. Si vous voulez réduire le déficit, il faut ne pas remplacer tous ceux qui partent à la retraite. C’est ce que j’ai décidé dans le budget 2005, puisque 10 000 fonctionnaires ne seront pas remplacés. Certains pensent que ce n’est pas assez. D’autres disent que c’est déjà trop. La diminution progressive et continue des effectifs de la fonction publique est une orientation à laquelle personne ne pourra échapper. A l’avenir, il y aura moins de fonctionnaires, mais mieux payés, mieux formés, mieux considérés.


« L’Etat de droit, ce ne doit pas être un Etat faible ni un Etat complaisant. On ne peut plus tolérer un certain nombre de choses. »




Etes-vous favorable à un traitement thérapeutique pour les récidivistes en matière d’agressions sexuelles ?


Quand on a déjà été condamné quatorze ou quinze fois, la seizième fois, on ne doit pas être sanctionné de la même façon. Je regrette la faiblesse de notre réaction vis-à-vis des multirécidivistes, et pas simplement sexuels. Quand on est pris plusieurs fois de suite pour conduite en état d’ivresse, c’est qu’on devient un assassin de la route. A un moment donné, on ne doit pas être puni seulement pour les actes commis, mais aussi pour l’accumulation des fautes. Les multirécidivistes doivent comprendre que, la fois suivante, ils jouent très gros. C’est pourquoi j’avais proposé l’automaticité d’une sanction beaucoup plus lourde pour les multirécidivistes. Concernant les délinquants sexuels, je pense qu’ils doivent pointer à vie à la gendarmerie ou au commissariat de leur domicile, rendre des comptes sur le traitement qu’ils sont obligés de suivre, être recensés dans un fichier. Pensez, par exemple, à la jeune Patricia, en Picardie, qui a été violée et tuée par un individu sorti de prison peu avant, après y avoir purgé une peine de onze ans pour des faits similaires. Ses parents m’ont demandé pourquoi l’Etat avait laissé un monstre s’installer à côté de leur fille. Les victimes doivent être notre priorité. J’ai cinq enfants, dont deux filles : pensez-vous que ces choses me laissent insensible ? L’Etat de droit, ce ne doit pas être un Etat faible ni un Etat complaisant. On ne peut plus tolérer un certain nombre de choses.


« Entre Bush et Kerry, mon choix, c’est Clinton ! »





Vous sentez-vous proche du modèle conservateur qu’incarne George Bush ?


Entre Bush et Kerry, mon choix, c’est Clinton ! On ne peut pas ramener un grand peuple de 250 millions d’habitants au seul George Bush. Je ne suis pas fasciné par le modèle américain. Mais j’observe que les Etats-Unis, c’est d’abord un peuple avec lequel on n’a jamais été en guerre. C’est donc que nous sommes amis. Ils sont venus nous sauver deux fois. Nos enfants, quand ils vont au cinéma ou écoutent de la musique, apprécient ce qui vient de là-bas. C’est la première économie du monde et nous en avons besoin pour notre croissance. N’oublions pas que, quand cela ne marche pas chez eux, nous le payons par plus de chômeurs chez nous. Je ne vois donc pas pourquoi on serait les adversaires des Américains. Nous sommes en désaccord profond sur la question de l’Irak, mais cela ne doit rien changer au fait que nous sommes des amis et des alliés. Pour autant, je n’irai pas m’installer là-bas. Je sais bien, on dit parfois : Sarko l’Américain, mais, même si ça fait plaisir à certains, je n’ai pas l’intention d’aller m’installer à New York. Je suis trop bien ici. Je suis français par tous les pores de ma peau.


«La menace terroriste n’a pas diminué parce que le terrorisme est protéiforme et qu’il peut s’en prendre à toutes les démocraties. »




La menace terroriste s’est-elle éloignée depuis la chute de Saddam ?


Non. La menace n’a pas diminué parce que le terrorisme est protéiforme et qu’il peut s’en prendre à toutes les démocraties. L’horreur qu’on a connue à Madrid aurait pu se produire à Paris. Aucun pays démocratique n’est à l’abri. Mais je ne regrette pas Saddam Hussein, ce dictateur qui a tué des dizaines de milliers de Kurdes.


Côte d’Ivoire : « la seule solution, ce sont des élections libres où tous ceux qui le voudront pourront se présenter »




Conseillez-vous aux Français de revenir en Côte d’Ivoire ?

Ce qui se passe là-bas, c’est un vrai malheur. Pensez qu’on en parlait, il n’y a pas si longtemps, comme de la Suisse de l’Afrique ! Le processus est devenu totalement non maîtrisable quand on a commencé à parler d’ivoirité dans ce pays à la fois musulman et catholique, dont les frontières ont été dessinées par les colonisateurs en fonction de leurs zones d’intérêt et d’influence. L’ivoirité, c’est un phénomène de régression dans un pays qu’Houphouët-Boigny avait amené au rang de démocratie. Dire aux Français que la situation est stabilisée là-bas, je m’en garderai. La seule solution, ce sont des élections libres où tous ceux qui le voudront pourront se présenter, y compris M. Ouattara. Nos soldats jouent un rôle de pacificateurs dans une zone qui aurait été, sans eux, ravagée

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