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Nicolas Sarkozy à Issy-les-Moulineaux 18 avril 2007

Nicolas Sarkozy à Issy-les-Moulineaux
Retrouvez le discours du candidat de l’UMP lors d’une réunion publique à Issy-les-Moulineaux dans le département des Hauts-de-Seine, en présence de Simone Veil et d’André Santini.
La vidéo sur le site sarkozy.fr

Mes chers amis,

A quatre jours du vote, votre ferveur me laisse penser qu’une volonté populaire est en chemin. Et cette volonté ne se laissera ni freinée, ni impressionnée par quiconque.

Votre accueil me touche profondément. Et il se double du plaisir que j’ai à retrouver André Santini. Vous devez savoir qu’avec André, ce n’est pas qu’une longue histoire d’amitié qui nous lie, c’est aussi une certaine conception de la politique.

Je vais vous dire quelque chose d’important.

Pour moi, la politique c’est une façon d’aimer la vie, de croire à ses beautés, de croire aux rencontres, de croire à l’énergie positive qui est en chacun, de croire qu’il existe, malgré toutes les difficultés et les déconvenues, une grâce humaine qui est plus forte que tout le reste.

Lorsque André Santini a décidé de me soutenir, je ne me suis pas seulement dit : « c’est l’un des membres les plus importants et les plus créatifs de l’UDF qui me rejoint… Non, je me suis dit que l’aventure présidentielle était aussi une affaire de sentiment ».


On ne se lance pas dans une telle aventure avec un cœur étroit et froid. J’aime la France de toutes mes fibres. Et j’aime les Français comme on aime sa famille. Certes, c’est une famille complexe, parfois rebelle, parfois conservatrice, parfois conciliante, parfois sévère – y compris à mon égard ! – mais c’est ma famille et je l’aime telle qu’elle est. Et telle que je la vois, devant moi, ce soir.

Sachez que votre force me donne de l’énergie.
Sachez que votre confiance m’engage.
Et sachez que vos espoirs nourrissent une formidable espérance qui peut tout changer.

Elle peut tout changer car l’espérance, c’est la part d’étincelle qui existe en chaque individu qui ne veut pas renoncer et qui veut continuer à y croire. Croire que l’avenir peut cesser d’être une menace pour redevenir une promesse. Malgré les obstacles, malgré les injustices, malgré les blessures.

L’espérance, c’est la part d’audace qui inspire ceux qui bâtissent des cathédrales, qui vont à la conquête des étoiles, qui repoussent les frontières de la connaissance, qui brisent les chaînes de la servitude ou de l’habitude. Car le goût de la liberté et du dépassement de soi, parfois jusqu’au don de soi, est le propre de l’homme et la condition de son accomplissement. Je récuse le nivellement par le bas car il étouffe la flamme des êtres libres qui veulent vivre debout. Pour moi, tous ceux qui veulent aller plus loin et plus haut doivent être valorisés, épaulés, encouragés, car ils se grandissent et avec eux, ils grandissent la France. Voilà pourquoi je crois à l’effort, au travail, à l’innovation et à l’action.

L’espérance, c’est la part d’amour qui inspire ceux, qui, malgré la barbarie, malgré l’humiliation, veulent encore regarder l’humanité avec foi. Je veux dire à Simone Veil, que je la considère comme un exemple de courage et de dignité. On ne reçoit pas à la légère le soutien d’une aussi grande dame, qui a vécu ce qu’elle a vécu, qui a fait ce qu’elle a fait. Je veux lui dire que son appui m’oblige plus que n’importe quel autre.
Simone Veil est un miracle. Elle est sortie vivante de la shoah. Elle a fait de sa vie politique un don. Elle incarne toutes les raisons d’espérer en un avenir meilleur et d’agir pour qu’il advienne.

« Puisse l’histoire des camps de concentration retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme », écrivit Primo Levi, qui, lui aussi, traversa l’enfer pour témoigner que l’âme des hommes pouvait sombrer dans la folie et la haine.

Alors que nous entamons un siècle nouveau, un siècle sans ressemblance dont nous cherchons les repères éthiques, n’oublions jamais que le combat entre le bien et le mal, entre la raison et la sauvagerie, ne finit jamais. C’est un combat politique. C’est mon combat, c’est votre combat, c’est notre combat. C’est aussi un combat intime car c’est en chacun de nous que se joue l’honneur ou la chute de la condition humaine.

L’espérance c’est enfin le souffle qui emporte les peuples qui savent que le grand livre de l’histoire n’est jamais clos. Il y a trois jours, je me suis recueilli sur la tombe du Général de Gaulle. Du gaullisme, je tire trois leçons essentielles : celle que l’histoire est écrite par ceux qui s’en saisissent et qui refusent de subir ; celle que la France est une cause sacrée qui domine toutes les autres ; celle qu’on ne sert jamais si bien la France qu’en comprenant les changements du monde pour mieux les mettre au service de notre pays et de sa grandeur.

A ceux qui disent que la politique ne sert plus à rien, à ceux qui sont en proie à la désillusion, à ceux qui pensent que tout a été dit et tout a été fait, j’oppose un démenti catégorique.

L’histoire est sous nos yeux, et elle n’est pas moins périlleuse, ni plus médiocre, ni moins passionnante que celle d’hier.

Aux jeunes ici présents, je veux dire que chaque époque est une épopée pour ceux qui la vivent ainsi.
Chaque génération a l’opportunité d’être audacieuse ou frileuse.
Chaque génération peut décider d’agir ou de subir.
Chaque génération a le pouvoir de se tenir debout ou à genoux.
Chacune d’entre-elles est comptable de ses choix et de ses actes.

J’invite notre génération à mesurer l’intensité des défis que nous lance le XXIème siècle.

Il y a le défi de la mondialisation qui bouscule durablement le monde tel que nous l’avons longtemps pensé et construit.

Pendant des siècles nous avons dominé la planète et ses richesses. Aujourd’hui, de nouvelles puissances, jeunes et assoiffées de progrès, sont en train de prendre leur revanche sur le passé. Nous vivons sur notre héritage alors qu’elles sont en train de bâtir le leur. Voilà le basculement historique qui commande de nous retrousser les manches sur le plan économique. Qui commande de nous réorganiser sur le plan social. Qui commande de nous concentrer sur les nouvelles technologies, sur la formation, sur la recherche car c’est par l’innovation et par la « matière grise » que nous résisterons à la pression des pays dont le coût du travail et les salaires sont 10 à 20 fois inférieurs aux nôtres.

Cette mondialisation qui est source de nouveaux progrès et de nouveaux espoirs mais aussi de nouvelles tensions et de nouvelles guerres, elle exige non d’être combattue mais d’être maîtrisée et régulée.

La France – car c’est son rôle ! – doit agir au sein de la communauté internationale. Pour réguler les forces du capitalisme et du marché. Pour amplifier les politiques de co-développement entre les pays riches et pauvres. Pour préserver les équilibres écologiques fondamentaux de la planète. Sous peine d’être débordée par la violence de peuples qui, un jour, n’auront plus rien à perdre.

La France devra se faire l’interprète d’un système international plus juste, plus équitable mais aussi plus courageux. Ceux qui pensent que l’on peut vivre dans un monde ouvert sur le plan des échanges, mais fermé sur le plan moral, ont doublement tort. Ils auront le déshonneur sans la prospérité.

Ce qui se passe au Darfour où des centaines de milliers de femmes et d’hommes vivent le martyr, ce qui se passe en Iran où la question nucléaire qui risque de bouleverser l’équilibre de la région et d’entraîner de nombreux pays dans un nouveau conflit, ce qui se passe au Moyen Orient avec le terrorisme, ce qui se passe en Irak où le chaos fait rage, ce qui ce qui s’est passé avec les attentats en Algérie ou au Maroc il y a quelques jours, tout ceci, a, ou aura à moyen terme, des conséquences sur chacun d’entre-nous.

La grande question qui traversera les 10 prochaines années est aussi claire que décisive : arriverons-nous à construire une coopération mondiale responsable et solidaire ou irons-nous vers le choc des civilisations ?

A l’évidence, cette question exige, par son ampleur, une stratégie européenne.

Le monde avance à toute allure, et l’Europe est en panne ! Voilà le terrible paradoxe que les historiens ne manqueront pas de noter si rien ne bouge.

L’Europe doit être animée par un dessein politique et non technocratique, guidée par des projets ambitieux et non par des procédures tatillonnes qui prétendent puiser en elles-mêmes leur propre légitimité.

Cette Europe, je propose de la relancer en lui redonnant un moteur institutionnel. Dans cette campagne, je suis le seul à proposer un plan concret et rapide pour sortir de la crise institutionnelle provoquée par le référendum du 29 mai 2005. Je veux réconcilier la France du « non » et celle du « oui » à travers une initiative politique ciblée, fondée sur les éléments du traité constitutionnel qui faisaient consensus. Aucun projet volontariste, aucune stratégie d’ensemble ne pourra voir le jour en Europe sans institutions efficaces.

Cette Europe, nous devons aussi lui donner des frontières. On ne peut faire émerger un intérêt général européen si l’Union ne sait même pas où elle commence et ou elle se finit. Dans cet esprit, je redis mon opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Non parce que je serai contre la Turquie. C’est un grand pays qui a une grande civilisation et une grande histoire. Mais tout simplement parce que je suis pour l’Europe politique. On ne peut pas vouloir une Europe politique plus forte et en même temps défendre l’adhésion de la Turquie, dont la géographie et la culture ne sont pas européennes.

Cette Europe, je veux l’amener à construire un partenariat stratégique avec le bassin méditerranéen car autour de cette mer, c’est l’avenir de la paix, de la prospérité et de la maîtrise des flux migratoires, qui est en jeu.

Cette Europe, je veux la voir déployer une ambition commune en matière d’énergie et de développement durable mais aussi dans le domaine de la défense et de l’espace. Et je ne veux pas la voir renoncer à ses ambitions dans les domaines agricoles et industriels. Il y va de notre autonomie stratégique et de notre sécurité dans ce siècle qui s’ouvre.

Cette Europe, je veux également qu’elle prenne la mesure du vieillissement de nos populations, qui est un défi considérable pour nos systèmes sociaux, pour les relations entre les générations, pour la place qui sera la nôtre dans le monde de demain.

Avec un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne, la France semble en situation relativement plus avantageuse face à ce choc démographique. C’est là un atout qu’il faut capitaliser. Je veux privilégier la famille. Je veux que les femmes n’aient pas à choisir entre leur vie professionnelle et leur vie familiale. Je veux que les « seniors » ne soient plus considérés comme des « vieux » que l’on doit écarter mais que comme des citoyens dont l’expérience et le dévouement doivent être valorisés. Je veux que la question de la grande dépendance – qui touchera, en 2030, 20 millions de personnes en Europe – soit considérée, en termes de santé et de solidarité, comme un enjeu absolument majeur. Je veux que nous redoublions d’efforts pour porter notre recherche en santé, quantitativement et qualitativement, aux meilleurs niveaux internationaux. Je veux que notre recherche et notre industrie pharmaceutique soient aux avant-postes de la lutte contre le cancer, contre le sida, contre les maladies du cerveau.

Cette Europe, je souhaite aussi qu’elle adopte une politique économique et monétaire plus dynamique pour l’emploi et la croissance. Une politique qui nous protège face à nos concurrents internationaux et non qui nous expose naïvement à toutes leurs ambitions.

Je suis un européen convaincu, mais je ne suis pas un européen qui accepte de rester les bras ballants devant le dumping fiscal, monétaire, social et environnemental. Je ne serai pas celui qui favorisera les emplois des autres et pas les nôtres, celui qui stimulera l’essor industriel de tous ceux qui ignorent les règles que nous nous assignons, celui qui renoncera à nos capacités industrielles. Je ne serai pas celui qui expliquera aux Français et aux Européens qu’il est bon pour nous et mauvais pour les autres de ne pas exiger la réciprocité, de consentir à d’autres ce que nous refusons pour nous-mêmes. Je ne serai pas celui qui considérera la préférence européenne comme un tabou, comme un gros mot. Parce que je ne serai pas celui qui expliquera aux Français qu’ils ont accepté de mettre en commun leur souveraineté non au sein d’un espace privilégié de solidarité politique et économique, mais au sein d’une sous-région de l’ONU ouverte à tous les vents. Je veux être le président qui fera de l’Europe une protection contre les délocalisations.

Voilà quelques-uns des grands défis qui seront sur la table du prochain Président de la République. Ils réclament de la hauteur de vue, de la méthode, de l’expérience et de l’autorité.

Etre Président, c’est anticiper l’avenir. C’est indiquer un chemin. C’est placer notre nation dans l’Histoire pour ne pas être balayer par l’Histoire. C’est rappeler que l’avenir se joue ici et maintenant, qu’il n’est pas écrit à l’avance et qu’il dépend avant tout de nous.

Mes chers amis,

Cette élection engagera la France sur les cinq prochaines années et elle aura des conséquences sur la décennie à venir.

A quatre jours du scrutin, le débat est finalement assez simple.

D’un côté, il y a la situation de la France. Nous la connaissons : c’est un chômage de masse qui, depuis vingt cinq ans, essouffle notre économie et brise les vies ; c’est une croissance médiocre qui condamne l’Etat et les ménages à s’appauvrir ; c’est enfin un pouvoir d’achat dépassé par le coût de la vie. Face à ce triple échec, c’est toute la nation qui doute et c’est toute la République qui s’effiloche.

De l’autre côté, il y a les principaux candidats et leurs projets : les socialistes, dont l’archaïsme est pimenté par l’improvisation journalière ; les centristes, qui proposent le remède « revigorant » du consensus mou, des majorités à géométrie variable, de l’instabilité gouvernementale et au final de l’immobilisme ; les extrémistes de tous bords qui soufflent sur les braises de la division et du sectarisme ; et puis nous, qui nous nous sommes beaucoup préparés, qui proposons des choix clairs, cohérents et précis, qui portons un projet ambitieux à même de réconcilier notre pays avec les défis de son temps.

Et au milieu de tout cela, il y a les Français à qui il revient faire un choix de société. C’est à eux de dire s’ils veulent la société du mérite ou celle de l’égalitarisme, la société des libertés ou celle de l’uniformité, la société de la responsabilité ou celle de l’assistanat, la société du respect ou celle de l’excuse. C’est à eux de dire s’ils veulent le gouvernement de personne dominé et ballotté par les pesanteurs administratives, ou un gouvernement qui sait où il veut aller et comment. C’est à eux de dire s’ils veulent qu’enfin depuis 25 ans il se passe quelque chose plutôt que rien.

Nous ne sommes pas condamnés à répéter pendant cinq ans ce qui a été fait pendant vingt cinq ans.

Le temps est venu de traiter les problèmes de notre pays à leurs racines. C’est pourquoi, je propose une rupture. Et face à cette rupture, il n’est pas étonnant d’être frontalement attaqués. Attaqués par ceux qui, par leur conservatisme et leur rigidité intellectuelle, ont peur du changement. Attaqués par tous les adeptes de la pensée unique et du politiquement correct qui étouffent le débat démocratique et étranglent depuis trop longtemps les perspectives d’avenir du pays.

La gauche me reproche d’être « libéral ». Je l’accuse de ne pas s’être inspirée de Tony Blair au Royaume-Uni, de Gerhard Schroeder en Allemagne, de Jose-Luis Zapatero en Espagne ou de Nyrup Rasmussen au Danemark, pourtant tous socialistes.
La gauche me reproche d’avoir l’audace d’aller dans les usines et de parler aux ouvriers. Je l’accuse de ne pas y être souvent allée et de ne plus s’adresser à eux.
La gauche me reproche de défendre le travail. Je l’accuse de l’avoir rationné en pleine bataille économique mondiale.
La gauche me reproche de vouloir moderniser notre contrat social. Je l’accuse de ne rien proposer pour le sauver.
La gauche me reproche de parler d’autorité. Je l’accuse d’avoir si longtemps moqué la hiérarchie et le civisme.
La gauche me reproche d’aller au devant des classes populaires. Je l’accuse de ne plus les comprendre.

La gauche me reproche de vouloir convaincre les électeurs de l’extrême droite. Je l’accuse d’avoir ouvert toutes grandes les portes de l’Assemblée Nationale à ses élus afin de faire battre la droite républicaine.

Quant au candidat de l’UDF qui m’accable de tous les maux, je l’accuse tout simplement d’être partout, c’est à dire nulle part. Si j’ai bien compris, François Bayrou suggère de former une alliance avec la gauche pour m’affronter, et une alliance avec la droite s’il s’agit de battre Mme Royal. Cette cuisine électorale n’est pas claire et pas sincère. Je l’accuse d’opportunisme et de ne pas voir plus loin que le bout de son nez, c’est-à-dire plus loin que l’élection. Je l’accuse de trahir les valeurs, les idées, les électeurs et les élus de l’UDF et du centre.

Enfin, il y a le Front National dont le candidat a cru pouvoir me blesser en évoquant mes origines familiales… Cette critique est à la fois pathétique et révélatrice de ce qui nous distingue. J’assume mon héritage, non sans fierté d’être placé dans le lot des français « de second rang » au côté d’Alexandre Dumas, d’origine haïtienne, au côté de Gambetta, d’origine italienne, au côté du Général de Gaulle, dont une partie des ancêtres étaient irlandais et écossais.

De l’extrême gauche à l’extrême droite, du parti socialiste à quelques centristes, je fais office de cible. Je ne m’en offusque pas. C’est le lot de toutes campagnes électorales. Je ne m’abaisserai pas à aller sur ce terrain et je serai digne pour plusieurs s’il le faut. C’est à croire que si je n’existais pas, mes concurrents devraient m’inventer pour avoir quelque chose à dire aux Français. Mais vraiment le débat gagnerait à être à la hauteur des enjeux.

Ce front commun en tout cas est la preuve que nos valeurs, nos idées, nos propositions sont au cœur des débats.

Oui, je parle d’abord de valeurs, car les Français veulent savoir comment et pourquoi ils vivront ensemble demain.

Je leur dis qu’il y a d’abord la valeur du respect et donc de l’autorité.

Sans respect et sans autorité, pas de République, pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité.

Ce qui s’est passé, il y a quatre semaines, à la Gare du Nord, révèle l’état d’incivisme et de violence qui habite certains individus. Comme d’habitude, la gauche a cru bon de mettre sur le même plan ceux qui s’opposaient aux forces de police et qui cassaient tout, et ceux qui ont pour devoir de faire respecter la loi. C’est cet amalgame insupportable qui alimente depuis des décennies le sentiment d’impunité d’un grand nombre de délinquants.

Face à cette culture de la violence et de la haine, j’invite tous les Français à se rassembler pour dire non à cette complaisance délétère qui ronge les fondements de notre démocratie.

Si je suis élu, j’irai au bout de ce que j’ai engagé car il n’y a pas de liberté sans règle, et il n’y a pas de règle sans autorité.

Je veux être le Président d’une justice qui condamnera plus durement les récidivistes que les primo-délinquants.

Je n’accepte pas que des personnes condamnées à 20 ans de réclusion criminelle, comme Pierre Bodein en 1996, n’effectuent pas la moitié de leur peine. Si Pierre Bodein avait fait ses 20 ans de prison, la petite Jeanne-Marie, la petite Julie et la petite Hedwige seraient encore en vie.

On invoque bien le principe de précaution pour l’environnement ou la santé. Je propose que les juges, avant de décider de remettre un criminel dangereux en liberté, appliquent ce même principe. Au nom de quoi notre justice ne reconnaîtrait-elle pas le principe de précaution pénale ? Au nom de quoi faudrait-il s’interdire d’ouvrir ce débat, alors que des vies sont en jeu ?

Je pense que même lorsque des criminels dangereux ont purgé leur peine, la loi doit pouvoir offrir aux juges la possibilité de les placer dans des centres spécialisés fermés pour qu’ils soient soignés. La plupart des autres grandes démocraties font cela. Pourquoi faudrait-il que la vie des Français soit moins bien protégée que celles des autres ?

Je veux être le Président qui donnera aux Français le droit réel à la sécurité, qui est le premier de tous les droits de l’homme. Pour cela, je veux, pour les multirécidivistes, pour les délinquants les plus violents, même lorsqu’ils sont mineurs et qu’ils ont plus de 16 ans, des peines planchers. Je veux que les mineurs de 16 à 18 ans puissent être jugés comme des majeurs s’ils ont commis plusieurs délits.

Ferme mais juste, voilà ma philosophie et voilà l’engagement que je prends devant vous !

Etre juste, c’est savoir tendre généreusement la main et aider ceux qui font tout pour s’en sortir.

Etre juste, c’est dire à ce jeune issu de l’immigration, qui subit les quolibets dans son quartier parce qu’il travaille à l’école, parce qu’il veut faire des études, que jamais notre pays ne doit plus répondre à son courage par la lâcheté des discriminations.

Etre juste c’est comprendre qu’il n’y aura pas de solution durable aux difficultés de nos quartiers sans création d’emplois et sans croissance. Acheter le calme des quartiers avec des subventions, ce n’est pas être à la hauteur de l’enjeu.

Je veux un nouveau plan Marshall pour les banlieues. Un plan qui s’adresse à tous ceux qui veulent créer de la richesse et des emplois, à tous ceux qui veulent bénéficier d’une formation pour trouver du travail. Ce plan ne doit pas seulement concerner les immeubles et les murs, mais aussi et surtout les hommes et les femmes de bonne volonté.

Je dis ensuite à mes compatriotes qu’il y a la valeur du travail et du mérite.

Je défends cette valeur, parce que le travail émancipe, libère, élève, enrichit les classes populaires et les classes moyennes.

Je la défends, parce que je ne me résous pas à l’idée de voir la France perdre ses industries, perdre ses emplois, perdre ses talents.

Je la défends parce qu’en 1997, la France était plus riche que la moyenne des Quinze pays de l’Union européenne et qu’aujourd’hui elle est plus pauvre.

Je la défends parce que c’est par le travail que notre pays résorbera ses déficits, paiera ses retraites, augmentera son pouvoir d’achat, viendra à bout de l’exclusion et de la précarité.

J’appelle la gauche à tirer les leçons de ses erreurs qui ont déjà été chèrement payées par les Français. Ceux qui ont connu la croissance en 1997 l’ont dilapidée. Que les mêmes, après cinq années d’opposition, n’aient pour seul projet que de généraliser les 35 heures à toutes les entreprises et à tous les salariés est proprement consternant. Ils veulent refaire ce qui a échoué.

J’appelle la gauche à ne plus voir le travail comme un facteur d’aliénation mais au contraire comme une source de fierté, d’épanouissement et d’autonomie. Travailler c’est aller vers l’autre, c’est agir pour autrui et pour la société. Travailler ce n’est pas seulement gagner de l’argent pour soi et sa famille. C’est aussi payer, par ses cotisations, les retraites des anciens et la santé pour tous. C’est payer par ses impôts l’éducation des jeunes, la sécurité de nos rues et la défense du pays.

Dans une société solidaire comme la France, travailler c’est participer à la solidarité. Réduire le temps de travail, c’est réduire la solidarité !

Je propose que la croissance et l’augmentation du pouvoir d’achat soient la priorité de la politique économique.

Je propose de supprimer les charges et les impôts sur les heures supplémentaires pour que ceux qui veulent travailler plus pour gagner davantage soient encouragés à le faire.

Je propose que lorsque l’on a travaillé toute une vie, on puisse transmettre à ses enfants en franchise d’impôts sur les successions le fruit d’une vie de labeur. Je crois au travail et je crois à la famille. C’est pourquoi je n’accepte pas que le patrimoine soit une énième fois taxé et amputé au moment où il passe à la génération suivante, ou au moment où il est transmis au conjoint survivant.

L’égalité des chances, c’est permettre à ceux qui n’ont pas de patrimoine d’en constituer un et de le léguer à leurs proches. Ce n’est pas détruire le patrimoine de ceux qui en ont déjà un. Cela, c’est l’égalitarisme et le nivellement par le bas. Ce ne sont pas les valeurs que je défends et ce n’est donc pas mon projet politique !

Je propose d’en finir avec les politiques d’assistanat généralisé, car l’assistanat, c’est le contraire de la fraternité. Je ne veux pas que mes compatriotes s’enferment dans la résignation et la dépendance. Je veux que celui qui ne travaille plus, qui ne se lève plus, se dise : « allez, je m’y remets parce que j’en ai le devoir et parce j’en ai envie ». Je veux qu’il puisse se dire : « dans cette nouvelle société qui croit au travail, je veux aussi y croire!. Je trouverai ma place ! »

Si je suis élu, je ferai en sorte qu’aucun revenu d’assistance ne soit versé sans que soit effectuée en contrepartie une activité d’intérêt général, fût-elle minime. Parce que c’est la seule manière pour que celui qui est en grande difficulté de garder l’estime de lui-même. Parce que celui qui a mis un genou à terre doit être épaulé comme un citoyen responsable et non comme un anonyme dont on subventionne la relégation.

La gauche n’a toujours rien compris. Elle persiste et elle signe. Le conseil régional socialiste d’Ile-de-France vient ainsi d’offrir la gratuité des transports en commun aux Rmistes. Cette bonne conscience ne veut pas voir qu’on enferme de la sorte encore un peu plus nos concitoyens dans l’assistance. Pensez donc, s’ils retrouvent un travail, ils perdront le bénéfice de la gratuité. C’est sans doute ce que les socialistes appellent encourager le travail. Si je ne travaille pas, c’est gratuit. Si je travaille, je paye. Bravo !

Si je suis élu, je ferai en sorte qu’aucun revenu d’assistance ne soit supérieur au revenu du travail.

Si je suis élu, j’investirai dans la création d’emplois les 5 milliards d’euros que la France consacre chaque année à écarter les seniors du marché du travail.

Si je suis élu, je bâtirai un service de l’emploi digne de ce nom, regroupant ANPE et UNEDIC, capable de proposer rapidement à tout chômeur un emploi correspondant à ses compétences, ou la formation qui lui permettra d’en trouver un.

Si je suis élu, je rappellerai que la technicité de notre économie, ne doit pas conduire à mettre au chômage une caissière de supermarché pour la remplacer par une machine. Je ne serai pas le Président d’un pays sans usines fait d’entreprises sans salariés. L’économie de services, a fortiori celle des services peu ou pas délocalisables, doit être un vivier pour l’emploi. C’est d’abord et avant tout un choix de société. Il y a des activités où le contact humain est nécessaire. Il y a des activités qui exigent un savoir-faire, une attention, un sourire. Il y a des activités où les robots ne constituent pas un progrès mais bien une régression. C’est ensuite l’une des conditions du plein-emploi. Je rappelle que si nous avions le même taux d’emploi qu’aux Etats-Unis ou qu’au Royaume-Uni dans les services comme l’hôtellerie, la restauration et le commerce, nous aurions 3 millions d’emplois supplémentaires. Alors je veux dire aux entreprises concernées que c’est peut être leur choix de diminuer leurs emplois, mais ce sera aussi le choix des pouvoirs publics de ne pas les y encourager en pratiquant une fiscalité modulée en conséquence.

Si je suis élu, je mettrai en place un nouveau contrat entre l’entreprise et les salariés : le contrat de travail unique à durée indéterminée. L’entreprise doit retrouver de la flexibilité et de la sécurité juridique : aujourd’hui l’embauche d’un salarié est un risque, elle doit devenir une opportunité.

Le salarié doit, pour sa part, être sécurisé : en cas de licenciement, il doit pouvoir préserver l’essentiel de ses revenus pendant sa recherche d’emploi mais il doit, en revanche, accepter de se former et de saisir les offres d’emploi correspondantes à ses qualifications. Au bout de deux offres d’emplois refusées, les indemnités seront réduites.

Le plein emploi est possible. Je m’engage sur cet objectif. D’autres que nous y sont parvenus. Le Danemark est parvenu au plein emploi en cinq ans, son taux de chômage passant de 9,6% à 4%. La Suède a atteint le plein emploi en quatre ans, passant de 9,9% de chômeurs à 4,9%. Le Royaume Uni l’a fait en six ans, passant de 8,5% à 5%. L’Irlande également et l’Espagne est aujourd’hui en passe de les rejoindre. Il n’y a aucune raison que la France n’y parvienne pas à son tour.

Mais pour y parvenir, il ne faut pas seulement encourager le travail, réformer le marché du travail, mettre le paquet sur la formation, il faut aussi introduire de la morale dans les comportements individuels et publics.

On ne respecte pas la France qui travaille si l’on tolère la fraude.
La fraude ce n’est pas seulement une question de montant, c’est aussi une question de principe. Car ce que l’on ne paie pas, ce sont les autres qui le paient.

Quand quelqu’un fraude la sécurité sociale, ce sont les autres assurés sociaux qui paient pour lui.

Quand quelqu’un fraude le fisc, ce sont les autres contribuables qui paient l’impôt à sa place.

La fraude c’est toujours un impôt que les fraudeurs perçoivent sur les honnêtes gens et sur les travailleurs.

Je veux combattre la fraude.

Mais il n’y a pas que la fraude qui soit immorale. Il y a aussi le gaspillage de l’argent public.

L’argent public, c’est l’argent des Français.

Cet argent, il faut le respecter. Et le respecter, c’est avoir le courage de remettre en cause les dépenses inutiles. Le courage de revenir sur les dépenses du passé pour pouvoir financer les dépenses d’avenir.

Le courage d’investir pour les générations futures au lieu de leur laisser la facture de ce que nous consommons.
Le courage de mettre un terme au déficit permanent des dépenses de fonctionnement.
Le courage de passer vraiment de la logique des moyens à celle des résultats.
Le courage de mettre sur pied un service minimum, notamment dans les transports publics, car le droit de grève n’est pas le droit d’ignorer ses devoirs vis à vis des usagers.

Le courage également de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Ce n’est pas une question d’idéologie. C’est du simple bon sens quand on sait que les dépenses de personnel représentent 45% du budget de l’Etat. Quand on sait que la réalisation de cet objectif ramènera les effectifs de la fonction publique à leur niveau de 1992. Quand on sait que ce sont plus d’un million d’emplois publics qui auront été créés depuis 25 ans, y compris au sein de l’Etat, sur des compétences pourtant transférées aux collectivités locales.

C’est de surcroît le seul moyen de revaloriser le travail des fonctionnaires à qui je veux aussi permettre de travailler plus pour gagner davantage. Je leur rendrai une part des gains de productivité dégagés par la réduction des effectifs. Je m’y engage.

Revaloriser le travail et l’effort, c’est aussi moraliser le capitalisme financier.

Je veux faire prévaloir la logique de la production sur celle de la rente et de la spéculation. Que les choses soient claires. Je me bats pour la liberté et le capitalisme. Mais je n’accepte pas que ceux qui ont conduit leur entreprise dans le mur partent avec un golden parachute et des indemnités scandaleuses.

Quand on travaille dur et que l’on prend des risques, quand on investit son patrimoine personnel dans son entreprise et qu’on réussit à le faire fructifier, il est normal que l’on soit récompensé. Mais quand on a un golden parachute, quand on ne met pas en jeu son patrimoine, il n’y a pas de risque, il n’y a donc pas de raison d’avoir une rémunération extravagante.

Je crois en la responsabilité, je crois au mérite. Mais la martingale à tous les coups, que l’on gagne ou que l’on perde, que l’on réussisse ou que l’on échoue, cela ne fait pas partie de mes valeurs, ce n’est pas mon projet de société !

De même que je n’accepte pas que dans une entreprise l’on puisse réserver des plans de stock-options pour quelques-uns, et ignorer l’immense majorité des salariés qui tous concourent à la production de richesses de l’entreprise.

Je n’hésiterai pas à réguler par la loi ces pratiques et ces comportements qui ne font pas honneur au capitalisme et qui ne rendent pas justice au travail des salariés et à tous ces petits entrepreneurs qui se battent jour et nuit pour faire vivre leur affaire.

Enfin, mes chers amis, il y a la valeur de la nation.

Français au sang mêlé, je suis à l’aise pour dire que la France doit être aimée et respectée.

Notre nation n’a jamais cessé d’être ouverte, fédératrice, universaliste. Mais c’est une nation singulière, fondée sur une histoire commune, une culture partagée, des valeurs humanistes et républicaines.

C’est cette longue trajectoire avec nous-mêmes qu’il faut prolonger car on ne construit rien de grand sur des sables mouvants.

La France n’est pas une mosaïque de communautés vivant sous leurs propres lois.
La France ne peut être ouverte à tous les vents.
La France doit avoir une politique d’immigration sérieuse et une politique d’intégration solide.

La générosité, ce n’est pas d’ouvrir les frontières à tout le monde sans se soucier de la façon dont les étrangers vont subsister et s’intégrer. La fraternité, ce n’est pas de régulariser massivement les clandestins pour soulager sa conscience. Non, la responsabilité c’est de construire une politique d’immigration choisie ! Choisie en fonction de nos critères, de nos possibilités et de nos intérêts nationaux. Une immigration qui a vocation à parler notre langue, à respecter nos coutumes, à partager nos idéaux.

Dois-je préciser que ce que j’exige des étrangers, je le demande aussi Français. Le patriotisme, le civisme, la République, doivent être portés par chacun de nous car c’est l’addition de nos vertus individuelles qui fait la force de nos principes collectifs.

Mes amis,

Je ne me suis pas engagé dans une entreprise si exigeante pour vous illusionner, mais pour donner du sens à vos ambitions.
Je ne suis pas là pour vous faire rêver sans conditions, mais pour rendre vos rêves accessibles.
Je ne suis pas là pour accéder aux honneurs de la fonction présidentielle, car ils m’indifférent. Non, je suis là pour agir, résoudre des problèmes, ouvrir des perspectives.

Dans quatre jours, la vérité électorale va parler. Et cette vérité est en chaque Français et en chaque Française.

Je leur propose un chemin.

C’est un chemin où le talent et à la générosité s’exprimeront avec plus de force.

C’est un chemin qui conduira la France à tenir son rang dans le monde.
C’est un chemin qui n’est pas facile car les temps sont difficiles.
C’est un chemin qui est fait d’efforts mais aussi de récompenses : le plein emploi, la création de richesse, la pérennité d’un système social dont nous voulons sauvegarder les idéaux.
C’est un chemin qui nous rassemblera et qui nous grandira.
C’est un chemin sur lequel, je le sais, je chemine avec vous.
Oui, avec vous je suis décidé à entraîner et à servir la France.
Je crois qu’ensemble tout est possible.

Vive la France et vive la République ! 

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