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Nicolas SARKOZY sur Europe 1 : « Je ne décevrai pas »

Nicolas Sarkozy
Président de l’Union pour un Mouvement Populaire
Europe 1 – vendredi 4 mai 2007

Les auditeurs d’Europe 1 ne pourront pas entendre ici S. Royal, en dépit d’invitations multiples et insistantes elle n’a pas souhaité venir s’exprimer, c’est dommage, et je le regrette pour les auditeurs. Elle a donc délégué J.-L. Bianco pour la représenter, le pluralisme, l’égalité, l’impartialité sont respectés. N. Sarkozy, bonjour. Vous, vous êtes là ! La bataille a été longue et rude, voici donc, c’est vrai, le dernier jour et les dernières heures. Quel est chez vous, personnellement, profondément, le sentiment qui prévaut ?
Ecoutez, je suis concentré parce que rien n’est joué, rien n’est gagné et que la campagne, elle se termine ce soir, mais en vérité elle se termine dimanche à 20 h, lorsqu’on aura les résultats, et en même temps une certaine forme de gravité parce qu’on ne se lance pas dans une campagne présidentielle à la légère, j’ai beaucoup réfléchi, j’ai beaucoup travaillé, et je mesure, si les Français, me font confiance, le poids des responsabilités qui pèseront sur mes épaules, et je ne veux pas décevoir, je ne décevrai pas.


A votre place, ce matin, est-ce que vous sentez le parfum de la victoire ou malgré tout un risque de défaite ?
Non, je ne suis pas comme ça, curieusement je ne dis pas, « je vais gagner » ou « je vais perdre », je me dis, « reste concentré, fais ton travail le mieux possible et attends sereinement le choix des Français ».

Alors, la presse continue ce matin à commenter le face à face de mercredi avec S. Royal. La presse est encore surprise de la dureté de la confrontation. Vous vous efforciez apparemment de sourire même quand vous accusiez les coups de votre pugnace concurrente et en particulier à propos du nucléaire et de l’intégration des enfants handicapés. Est-ce que ça ne vous a pas trop coûté ?
Non, non, non, pourquoi voulez-vous que je sois gêné ? Madame Royal a choisi d’être agressive, c’est son choix, c’est un choix que je respecte. Je pense qu’elle a tort, car la France est un pays où il y a beaucoup d’énergie, il faut donc le diriger, le représenter, l’incarner de façon tolérante, ouverte et respectueuse, mais bon, j’imagine que ses conseillers lui ont dit qu’il fallait être très agressive. De ce point de vue-là, elle a réussi son débat, elle a été très très agressive.

Oui, mais de votre part, cette distance, est-ce que c’était un choix tactique ou un signe ou un des signes de votre vrai tempérament ?
Mais vous savez, je suis quelqu’un qui ne dissimule pas, je suis quelqu’un qui ne ment pas, je suis comme je suis, mon authenticité elle est là, et donc j’ai fait ce débat comme je suis dans la vie, c’est-à-dire que je l’ai fait de façon déterminée, calme, respectueuse des autres. Cela fait cinq mois que je suis en campagne tous les jours, à aucun moment je n’ai insulté mes concurrents. Chaque jour j’ai été moi-même injurié, ils ont pensé que c’était utile de faire ça, je crois que c’est une méconnaissance de l’état d’esprit de la République française.

Oui, mais, il y a de votre part une volonté d’apaisement, peut-être parce que vous sentez que les choses, ou le vent tourne pour vous. Mais, par exemple, ce matin, dans une interview au Parisien, madame Royal dit que vous imitez G. Bush dans une « technique du compassionnel conservateur », on pleure sur les gens, on utilise les faits divers, et puis quand on est aux responsabilités on n’agit pas pour le présent, mais on promet pour demain. Et puis d’autre part, à l’instant, elle vient de dire qu’il faut « condamner le système Sarkozy et que voter pour vous c’est un choix dangereux et un risque pour le pays ».
Eh ben, elle n’était pas de bonne humeur ce matin ! Ca doit être les sondages, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il n’a rien à répondre à ça, c’est tellement outrancier. Je suis sûr que madame Royal est quelqu’un qui vaut mieux que ce qu’elle vient de dire, comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, c’est un phénomène bien classique, elle se tend, elle se raidit, pour le coup elle montre sa vraie nature. Je suis un peu désolé pour elle, mais je n’ai pas l’intention de rentrer dans un combat de rue et je n’ai pas l’intention d’ailleurs de me justifier d’attaques aussi outrancières, après tout si elle l’a dit c’est peut-être même qu’elle le pense, mais elle ne commence pas bien sa journée.

A Montpellier, vous vous êtes adressé, vous avez dit, au peuple qui va parler à nouveau dimanche, qui a une longue histoire et vous avez promis de mettre la France en mouvement. Est-ce que vous pourriez, si vous êtes élu, ou vous pourrez le faire sans secousse, sans choc pour les faibles et les précaires ? Comment accélérer le mouvement sans risquer des embardées ?
Mais c’est au contraire le conservatisme, l’immobilisme, le refus de décider qui posait problème aux plus démunis et aux plus fragiles. Racontez ce qui se passe dans le monde, regardez ce qui se passe en Europe, il y a dix pays en Europe qui ont le plein emploi, est-ce que la France ne peut pas avoir le plein emploi ? Je m’engage sur le plein emploi. Les dix pays qui ont le plein emploi en Europe, aucun n’a choisi les 35 h, aucun n’a choisi le partage du temps de travail. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Est-ce qu’il vaut mieux avoir 4 % de chômeurs comme les Irlandais, comme les Autrichiens, comme les Suédois, comme les Danois, comme les Anglais et tant d’autres, ou est-ce qu’il faut avoir le double ? Je suis partisan d’une République où il y a des droits, bien sûr, et je les préserverai, et je les garantirai, mais aussi où il y a des devoirs. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce n’est pas admissible qu’il y ait des assistés qui puissent gagner plus qu’un travailleur ; ce n’est pas admissible dans un pays où il y a 500 000 offres d’emploi non satisfaites qu’on puisse refuser autant de fois qu’on le souhaite, une offre d’emploi qui correspond à ses qualifications ; ce n’est pas admissible que lorsqu’on bénéficie d’un minima social, on ne soit pas obligé en contrepartie de cette solidarité d’exercer une activité minimale.

Et quand vous dites ça dans les meeting, ceux que vous appelez « le peuple » applaudit, et d’ailleurs quand vous dites « le peuple », on peut dire le peuple sans frôler le populisme, justement en disant le peuple et la démocratie, et est-ce qu’il y a un peuple de droite, de gauche, ou le peuple ?
Alors, ça c’est formidable, alors, voilà, on fait le résumé, je parle de Nation, je suis nationaliste, je parle de l’immigration, je suis raciste, je parle de la protection, je suis protectionniste, je parle du peuple, je suis populiste. Alors, on ne parle de rien ! Non mais parlons de rien et dans ce cas-là ne vous étonnez pas qu’il y ait pendant tant d’années un Français sur deux qui ne vote pas et le quart des Français qui votent pour l’extrême.

Et comment vous définissez…
C’est très important. Le premier tour des élections, là, était fantastique, la démocratie française est de retour, 85 % de votants, mais si vous ne parlez de rien, je suis désolé, moi, oui, je peux parler au peuple français. C’est qui le peuple français ? C’est les 44 millions d’électeurs, les 64 millions de Français, je ne parle pas pour un petit carré, ici, à Paris, je parle même pas pour les journalistes, je ne parle pas pour la pensée unique, tous ceux qui a chaque… regardez, c’est fantastique, dix minutes après le débat avec madame Royal, tous les éditorialistes expliquaient comment elle avait été extraordinaire et gagné le débat, très bien. Le lendemain, tous les sondages disent le contraire, décalage phénoménal.

Donc, vous n’écoutez pas… …
mais, moi j’essaie d’écouter, mais peut-être que je peux dire à la pensée unique, à tous ceux qui sont tellement persuadés qu’ils parlent au nom des Français, « regardez ce qu’est la France ». Quand j’ai parlé d’identité, tout le monde m’est tombé dessus, mon dieu, qu’avais-je fait ? Oui, j’ai dit, la France ce n’est pas une race, ce n’est pas une ethnie, c’est une communauté de valeurs, et on ne négociera pas ces valeurs et si on veut venir en France il faut les respecter. J’ai eu l’impression que j’étais…Libération, il faut dire que les titres ridicules de Libération, de ce côté-là on a été gâté, mais Libération dit, « Pire que Le Pen », ah bon ? Pire que Le Pen, mon dieu ! Mais moi je me dis, pourquoi une certaine gauche considère-t-elle toujours que quand on ne pense pas comme eux on est illégitime ? Moi, je respecte les autres.

Séduisez-là ! Si vous pouvez, séduisez-là.
Mais séduire qui ? Attendez, attendez, séduire qui ? Enfin, moi, je respecte les idées des autres mais je me demande bien pourquoi une certaine gauche n’a toujours pas compris qu’elle n’était pas détentrice du bien contre le mal, qu’elle n’était pas détentrice de la bonne conscience, il y a des gens qui souffrent. Quand je vais dans les usines, j’y ai été quasiment tous les jours, et que je dis aux ouvriers, « à quoi ça sert les RTT quand on n’a pas de quoi payer des vacances à ses enfants ? », ils comprennent. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ils comprennent. Bon, alors, on devrait se réjouir de ce qui s’est passé, eh bien non, ça recommence, alors voilà.

Alors, est-ce que je peux vous demander ceci, sous la Ve République le président de la République a des pouvoirs considérables quand il est élu. Si c’est vous, quels seraient les contre-pouvoirs ? Comment éviter la concentration des pouvoirs ?
Attendez, première chose, je renforcerai les pouvoirs du Parlement qui n’a pas assez, me semble-t-il, les moyens d’exercer ses responsabilités. Deuxième chose, je construirai une République irréprochable, notamment sur les nominations en demandant la ratification des commissions compétentes pour les nominations les plus importantes. Et puis, surtout, je veux être un président de la République, si les Français me font confiance, qui s’engage sur des résultats. Je dis des choses avant l’élection, je les ferai après, mais je veux être jugé sur des résultats. Je rendrai des comptes, je m’expliquerai dans des conférences de presse, je ne me dissimulerai pas, je ne me cacherai pas derrière d’autres. Je donnerai une lettre de mission à chaque ministre et je lui demanderai chaque année de rendre des comptes que ce qu’il a fait par rapport aux objectifs qui étaient les siens. Je veux mettre dans la politique française de l’évaluation, du résultat, de la responsabilité.

D’accord, ça c’est auprès de ceux qui sont avec vous et vis-à-vis de ceux qui vous auront élu, mais est-ce que vous tiendrez compte de l’opposition, des minorités, est-ce que vous saurez, si c’est vous, écouter ceux qui ne seront pas ou ne seraient pas de votre avis ?
Mais bien sûr, mais enfin, quand on rassemble sur son nom, au premier tour, 11,5 millions de Français, c’est peut-être qu’on sait écouter, ce n’est pas un hasard. J’aimerais qu’on respecte ces 11,5 millions de Français. Je ferai un statut pour l’opposition. Bien sûr que le dialogue est important, mais je voyais les déclarations de monsieur Thibault, leader de la CGT, c’est un homme que je respecte, mais c’est extraordinaire, ah, il dit, attention, moi je suis contre le service minimum. Ah bon ! Mais si les Français votent pour moi, et moi j’ai dit il y aura le service minimum, il n’y a aucune raison que les jours de grève les Français soient pris en otages, mais si monsieur Thibault a des idées, il n’a qu’à se présenter aux élections. Mais, je ne vais pas, avant même d’être élu, dire, ah, écoutez, ça ne plait pas à la CGT, donc on ne fait rien. Mais ça fait des années qu’on attend le doigt sur la couture du pantalon. Si on doit attendre que tout le monde soit d’accord pour avancer, eh bien on va faire un pays qui va vieillir, on va faire un pays qui ne sera plus le pays de la création, de l’innovation. Moi, je veux faire de la France un pays jeune, où ça bouge.

On va voir, on va voir, on attend d’ici à dimanche. …
Où ça change, on va créer des richesses, où chacun aura sa chance, où la promotion sociale ça sera la règle et non pas le nivellement. Quand je parle de l’école, là aussi, j’ai vu que les… j’ai vu qu’un monsieur s’était donné le ridicule, mais le ridicule, de me comparer à Pétain, enfin vraiment, parce que j’avais dit que l’idéologie de 68 dans l’éducation avait été une catastrophe. Mais, rendez-vous compte de ce que ça représente d’intolérance, de sectarisme, d’absurdité. Qu’est-ce que je dis ? C’est une erreur de ne pas avoir de notes, c’est une erreur de ne pas avoir de classement, c’est une erreur de ne pas avoir de hiérarchie, c’est une erreur de ne pas avoir de respect, c’est une erreur de ne pas avoir d’autorité, c’est une erreur d’expliquer à nos enfants que « Harry Potter » ça vaut les grands auteurs français. J’aime beaucoup « Harry Potter », il n’y a pas de problèmes, mais il n’y a pas que ça dans la vie. C’est une erreur de ne plus apprendre la poésie, c’est une erreur de ne plus mettre V. Hugo, c’est une erreur de tirer tout le monde vers le bas, de faire du nivellement et de l’égalitarisme. L’école de la République c’est l’école, me semble-t-il, de l’exigence. C’est une erreur de ne pas sanctionner la première faute. Je sais bien qu’un jeune se construit en transgressant, mais s’il n’y a plus de règles qu’est-ce qu’il transgresse ?

Alors, il y en a un qui a, ou qui aurait pu, ou qui a, peut-être, qui transgresse…
en tout cas dire, je dis « j’aime la France », et on me dit « allez bonjour monsieur Pétain », ah bon, est-ce que cette personne qui a dit ça… … oui mais alors, la République manière Sarkozy qu’est-ce que c’est ?
… est-ce que cette personne qui a dit ça…

…la République Sarkozy qu’est-ce que c’est ?

… connaît l’histoire de France ?

Qu’est-ce que c’est la République Sarkozy ?

Quand je pense que J.-M. Le Pen, J.-M. Le Pen, m’a indiqué qu’il fallait que je sois candidat en Hongrie parce que je n’avais pas deux grands-parents français, qui était le statut de 1940, mais, je me dis parfois que les Français ont énormément de bon sens que de passer au-dessus de déclarations aussi intolérantes.

Alors, on avance parce qu’il y a dix minutes encore. F. Bayrou a annoncé que dimanche il ne votera pas pour vous. Un, est-ce que vous êtes surpris ? Deuxièmement, il n’a pas encore dit s’il votera pour S. Royal ou s’il choisira une autre solution, mais S. Royal a déjà promis à Lille…
… mais il n’y en a pas beaucoup d’autres.

… à Lille, que dans le cas de son élection elle travaillerait avec « le centre, en général avec F. Bayrou ». D’abord, avec quels arguments, vous, vous pensez convaincre les centristes d’aller voter et de voter éventuellement pour Sarkozy ?
Regardez ce qui se passe, la totalité des élus de l’UDF m’ont rejoint, et c’est tout à fait normal d’ailleurs.

Ils vont être vampirisés ceux-là ?
Non ! Attendez, c’est tout à fait normal, ça ne tient rien à mes qualités, tout à mon projet. Ils ont fait campagne, les centristes, sur le thème il faut réduire prioritairement l’endettement, bon. S. Royal propose plus de dépenses et aucune mesure d’économie. Ensuite, les centristes ont fait campagne en disant qu’il faut régler le problème des 35 h, ça ne peut pas continuer ainsi, S. Royal fait campagne sur les 35 h dans toutes les entreprises, y compris les petites et moyennes.

Et on a appris mercredi, que c’est si les partenaires sociaux le veulent.

Oui, d’accord, très bien, mais comme ils le voudront, bon. Alors, voilà, tous les sondages, toutes les études que vous commandez vous-mêmes montrent que les électeurs centristes maintenant majoritairement me choisissent. Mais quel est le problème ? Il faut que madame Royal, elle, elle assume, elle ne peut pas un jour confier une mission à J. Bové, l’autre saluer A. Laguiller, et le troisième expliquer aux Français qu’elle va gouverner avec F. Bayrou. Moi, vous savez, si les Français me font confiance, j’aurais une majorité avec l’UMP, avec le centre, et tous les élus et les électeurs du centre, auront leur place dans cette majorité, ils s’organiseront comme ils l’entendent et je souhaite un pôle de gauche dans la nouvelle majorité présidentielle parce qu’il y a beaucoup de femmes et d’hommes de gauche qui me rejoignent sur une idée qui est assez simple, c’est que la gauche c’est le mouvement, et ils ont parfaitement compris que moi je ne suis pas un conservateur, je ne suis pas immobile, je ne veux pas m’incliner devant les corporatismes. Cela fait trop longtemps qu’en France on dit, « voilà ce qu’il faut faire » et on ne le fait pas. Si vous votez pour moi, je vous garantis qu’on le fera tranquillement pour obtenir le plein emploi, pour résoudre ce problème essentiel du pouvoir d’achat quand même, les salaires sont trop bas, la vie est trop chère, les charges et les impôts sont trop lourds, d’autres l’ont résolu. Pourquoi on ne le ferait pas ?

Est-ce que vous allez vous engager si vous êtes élu, toujours si vous êtes élu, dans la bataille pour les législatives ? Est-ce que vous serez un président de la République distant, qui laissera les siens aller au combat ou qui mènera la bataille des législatives pour avoir une majorité ?
85 % de participation au premier tour, j’espère plus de 80 % au deuxième tour. Si j’étais élu sur mon projet, je vais dire aux Français, ah vous avez voté pour moi, maintenant que le travail est terminé je vais me reposer ? Ce n’est pas conception de la présidence de la République. Je m’engagerai fortement. J’ai dit aux Français, je dirai tout avant l’élection parce que je ferai tout après. Mais je m’engagerai dans la bataille des législatives pour une raison simple, c’est que si je n’ai pas une majorité au Parlement, si les Français me faisaient confiance, il faut que j’aie une majorité, sinon on ne peut pas mettre en oeuvre ce qu’on a dit.

Une grande majorité ? Parce que F. Mitterrand, je ne sais pas si vous vous en souvenez, il disait que quand elle massive la majorité, c’est inconfortable, incommode et même encombrant ».

Mais je n’ai pas gagné la présidentielle et vous me demandez déjà si c’est difficile de gagner les législatives.

… parce que vous venez de dire vous conduirez le combat des législatives. Mais vous ne m’avez pas répondu, si vous le permettez, à la question sur F. Bayrou. Est-ce que sa position vous a surpris ?
Oh ben, compte tenu de ce qu’il dit, au fond, qui est assez peu aimable sur moi depuis le début de la campagne, voilà… c’était assez logique de sa part, mais il s’est mis dans une impasse parce que c’est quand même difficile de dire aux Français, écoutez, vous ne m’avez pas choisi au deuxième tour, votre choix est très mauvais, les deux que vous avez choisis, S. Royal et N. Sarkozy, ne sont pas à la hauteur. C’est quand même rare, dans une finale de la Coupe du monde que le troisième reste sur le terrain pour exiger de jouer à la place du premier ou de second. Comment dit-on ? Cela fait pas très bon joueur.

Est-ce que je peux vous poser deux questions de politique étrangère ? Dans le face à face, vous avez évoqué l’Union européenne et la Turquie qui est Asie Mineure, mais vous avez peu parlé…
… c’est une réalité, ce n’est pas une opinion.

… vous n’avez pas parlé de la Russie. Or, on dit qu’à Moscou on s’interroge sur ce qui va se passer la semaine prochaine en France, et si c’est vous, comment vous agirez avec la Russie ?
C’est une affaire très importante…

… parce qu’il y la France, l’Allemagne, etc., mais la Russie ?

C’est une affaire extrêmement importante, vous avez raison. La Russie, c’est un grand pays, c’est un grand peuple, et d’une certaine façon la Russie est de retour. La Russie a beaucoup de matières premières, notamment le gaz, et la Russie va compter dans les années qui viennent, premier point. Deuxième point, monsieur Poutine a beaucoup fait pour le développement de la Russie, et donc j’entretiendrai avec la Russie et avec monsieur Poutine si je suis président de la République des relations de travail. Pour autant, on a quand même le droit de dire à un grand pays, « écoutez, il y a des choses qui ne vont pas », je le dirai calmement, je le dirai sereinement, je le dirai fermement.

Même à lui, vous lui direz à lui ?

Oui. Ecoutez, la France est le pays des droits de l’Homme, il y a 900 000 Tchétchènes, les Français doivent le savoir, il y en a 250 000 qui ont été tués, sur 900 000, et 250 000 qui ont été obligés de partir, c’est-à-dire la moitié de la population. Excusez-moi, soit nous défendons les valeurs universelles des droits de l’Homme et ça vaut pour les Tchétchènes comme ça vaut pour les Français, soit nous ne les défendons pas. Alors, je sais parfaitement que, comment dire, que le sentiment national russe a été mis à rude épreuve toutes ces dernières années, depuis Brejnev, Eltsine, Gorbatchev, etc., mais il ne reste pas moins que la démocratie russe a des progrès à faire. Enfin, vous êtes journaliste, on est quand même un peu interpellé par le fait qu’un journaliste russe se trouve empoisonné à Londres.

On le tue ou l’a tuée dans les rues.

Ou cette pauvre de femme… je ne dis pas, naturellement je ne sais pas qui l’a fait, mais enfin ces des questions qu’on peut poser. Je respecte la Chine…

… ce qui est important, ça veut dire que si, encore une fois vous êtes élu, vous n’aurez pas votre langue dans la poche à l’égard des Russes, à l’égard des Chinois.
Oui, mais je veux dire…

… à l’égard des Américains ?

Attendez, attendez, ce sont chaque fois des dossiers différents, sur la Chine… langue dans la poche, il ne s’agit pas de faire de la provocation, la France c’est le pays des droits de l’Homme, la France c’est le pays qui a porté ces valeurs universelles, la France ne peut pas se taire. Sur la Chine, la réussite chinoise est invraisemblable, moi je suis fasciné de savoir qu’un pays qui deux siècles avant Jésus Christ on savait lire, écrire, on avait inventé la poudre, etc., soit capable d’embrasser l’avenir avec la jeunesse, avec la foi d’un pays jeune alors que c’est un pays multiséculaire, bon, l’idée du boycott des Jeux Olympiques est une idée absurde. J’en ai entendu des idées curieuses, mais alors celle-là, de madame Royal s’est étonnant, elle dit aux sportifs, « N’allez pas à Pékin », et elle elle y va.

Cela, vous lui avez dit…
… oui, mais franchement…

… oui, vous lui avez dit quand elle était là.

… non mais c’est quand même assez étonnant.

… alors, on avance.
Et quand elle revient, elle dit, « ah ben la justice chinoise c’est remarquable « .

La justice commerciale.
On peut… oui, alors là c’est encore pire, pardon, je ne veux pas rentrer dans le détail… …

non, non, mais elle n’est pas là, elle n’est pas là.
On peut respecter la Chine, j’aime la Chine, être fasciné d’ailleurs par l’histoire et la civilisation chinoise, et dire c’est quand même curieux, il faut faire progresser les libertés politiques. Je ne crois pas à la real politique, celle qui fait échanger des principes contre des contrats. On perd ses principes, on perd ses valeurs et on n’a pas les contrats. Mais je vais même plus loin, je ne crois pas au thème de la stabilité comme objectif de la politique étrangère française parce que le seul thème de la stabilité ça a conduit pendant cinquante ans à accepter Yalta et 80 millions d’Européens…

… ça veut dire quoi, « pas la stabilité » ? Cela ne veut pas dire que vous mettriez de l’instabilité, non, c’est pas ça que ça veut dire, pas de l’immobilisme ?
Pas vous, pas ça, pas ce matin !

Non, non, mais il faut préciser.

Non mais, je précise. J’ai entendu pendant des années la stabilité, alors ça veut dire qu’il y avait le mur de Berlin, il ne fallait pas y toucher, d’une certaine manière c’était la réaction de F. Mitterrand d’ailleurs, lorsque que l’Union soviétique à commencé à se déliter, il a eu peur, il s’est demandé si ce changement n’allait pas produire plus d’inconvénients que d’avantages, mais ceux qui vivaient sous le joug de Brejnev, du marxisme, du populisme…

…eh bien, c’est ceux qui ont fait tomber le mur, rassurez-nous.

Mais bien sûr, ce sont eux qui…et Jean-Paul II, et Walesa, et V. HAVEL, donc moi, je suis pour qu’on progresse vers la démocratie et ses valeurs universelles des droits de l’Homme et pas qu’on considère, bon, l’objectif avec la Corée du Nord, c’est la stabilité avec Kim II Sung.

Avant de nous quitter aujourd’hui…
… ce sont des sujets importants.

Mais bien sûr, c’est pour ça qu’on les aborde alors qu’on ne les pas tellement abordé dans le débat. Dans deux jours, et à Montpellier vous l’avez dit devant madame B. Chirac et 15 à 20 000 personnes, on pourra dire adieu à l’héritage de mai 68. Pourquoi vous qui étiez trop jeune pour vivre cette époque, en quelques mots, vous faites systématiquement le procès de mai 68 ? On se souvient qu’il y avait un besoin d’oxygène après dix ans de gaullisme un peu paternel, que la société avait besoin un peu de respirer, d’inventer, pourquoi vous lui faite ce procès ?
Non, parce que je pense que l’idéologie de mai 68 a gravement déstabilisé l’Education nationale dans notre pays. Mais mieux que ça, l’idéologie de mai 68 a tourné le dos à l’idée de la Nation et à l’idée du travail. Et vous savez parfaitement que le mouvement estudiantin de 68 n’a jamais rencontré le mouvement ouvrier parce que le mouvement estudiantin c’était la génération gâtée des Trente Glorieuses et les ouvriers ils avaient des problèmes de pouvoir d’achat et du chômage qui commençait à arriver. Donc, ce sont des valeurs, je le dis très simplement, qui ne sont pas les miennes. Quand au mouvement de libération, il ne faut pas exagérer, la pilule en France c’est 1967, c’est L. Neuwirth.

Oui, mais la loi…
… l’interruption volontaire de grossesse…

… 74.
… c’est 1974, S. Veil, V. Giscard d’Estaing. Alors, je ne dis pas que dans 68 il n’y a pas eu des choses qui étaient sympathiques, « sous les pavés la plage », « jouir sans contrainte », « il est interdit d’interdire », mais à l’arrivée on a payé cela de nos universités qui ont rétrogradé dans tous les classements, de notre Education nationale qui a eu du mal à s’en remettre, d’un pédagogisme qui finalement est arrivé à un mal de vivre des enseignants, à une école qui n’est plus celle du respect, de l’autorité, de la transmission des valeurs, je dirais même de la transmission d’une morale commune – le mot morale ne me fait pas peur – d’une culture commune, une espèce de… cette volonté au prétexte de la démocratisation de dévaloriser les diplômes pour donner à tout le monde quoi ? Rien du tout.

Voilà, c’était votre dernière intervention, en tout cas à EUROPE 1 dans le cadre de cette campagne électorale qui a été dure. Dans un instant, je recevrai…

… elle n’a pas si dure que ça, elle a été passionnante…

… ah oui, ça c’est certain, ça c’est certain.

… et puis finalement c’est très gratifiant pour nous…

… tout le pays s’est mobilisé.
… d’avoir des millions de gens qui ont participé.

Alors, maintenant J.-L. Bianco pour S. Royal et à vous N. Sarkozy, merci et bonne journée.
Eh bien, bonne chance à lui.

Qu’est-ce que vous allez faire toute la journée ?
Eh bien, voilà, je pars, qu’est-ce que je vais faire toute la journée ? Je pars en Haute-Savoie pour aller rencontrer des Français et puis j’ai une journée extrêmement chargée avant d’attendre tranquillement samedi et dimanche.

Bonne journée, merci d’être venu.

 

 

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