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Nicolas Sarkozy : « Travail, autorité, responsabilité » interview du Figaro 30/01/2007

Dans votre discours de l’UMP, vous avez déclaré: «Lorsqu’il s’agit de la France il n’y a plus de camp». Cela veut-il dire que le clivage droite-gauche est dépassé ?  Nicolas SARKOZY.- Non, cela signifie que je ne serai pas le président d’une France de droite contre une France de gauche. On peut fort bien, comme je le fais, revendiquer son adhésion aux valeurs de droite et estimer que l’élection présidentielle est une occasion de transcender les clivages, de rassembler une majorité sur un projet de cinq ans. En tant que candidat à la présidentielle, j’ai le devoir de parler comme un chef de l’Etat doit parler à la France, non pas comme un chef de parti parle à une famille ou encore moins à un clan.   A vouloir séduire les électeurs de gauche, ne risquez-vous pas de désorienter ceux de droite? Je ne me résoudrai jamais à abandonner les électeurs dont la République a besoin. Ces électeurs les plus populaires, qui se sont sentis abandonnés depuis tant d’années, parce que la gauche ne leur parle plus. Ces électeurs qui se sont tournés vers les extrêmes pour crier leur colère. Ces électeurs de gauche qui ne se reconnaissent plus dans la gauche d’aujourd’hui, qui parle exclusivement aux salariés dotés d’un statut. Enfin, bien sûr, je n’oublie pas les électeurs traditionnels de la droite, qui ont eu tant de fois le sentiment que leurs idées n’étaient pas défendues. Tout cela fait une Nation. C’est à elle tout entière que je veux m’adresser.

Vous citez Blum, Jaurès, Zola… Pourquoi pas Montesquieu, Tocqueville, Aron…? Je n’ai pas le sentiment que Clemenceau ou Georges Mandel soient des héros traditionnels de la gauche. Je n’ai pas le sentiment de négliger le coeur de la droite quand je cite le Frère Christian, égorgé à Tibhérine, ou quand j’évoque l’héritage de 2000 ans de chrétienté.    Que répondez-vous à Ségolène Royal lorsqu’elle vous accuse de confondre Valmy et les croisades?  Je ne me reconnais pas dans cette repentance systématique qui va droit au dénigrement de la Nation, lequel conduit à la détestation de soi. C’est la vision d’une certaine gauche, ce n’est pas la mienne. Je ne réduis pas, par exemple, l’action de la France en Algérie à un système incontestablement injuste, mais à l’intérieur duquel un certain nombre de Français ont soigné, ont instruit, ont construit. Ils ne doivent pas être assimilés à ce système injuste.   Vous parliez des valeurs de la droite. Quelles sont-elles ?  Au premier rang, je mettrai la valeur travail dont l’oubli résume à mes yeux toute la crise morale française. Le travail a été délaissé par la droite et trahi par la gauche. Les socialistes ne parlent plus des travailleurs, c’est un signe. Je veux être le candidat du travail. C’est ma cohérence et le ciment de mon projet. La deuxième valeur, c’est le respect. L’erreur de mai 68, c’est d’avoir pensé faire le bonheur de l’élève en le considérant comme l’égal du maître. Or, si l’élève a vocation à dépasser le maître, il doit respecter son autorité. Enfin, il y a la valeur de responsabilité. Je considère qu’il n’existe pas de droit sans devoir en contrepartie. Je demande que nul ne puisse refuser plus de deux offres d’emploi qui correspondent à sa qualification. Je demande aussi qu’il n’y ait pas de minimum social sans une obligation d’activité en contrepartie.   Avec ce discours, est-ce que vous ne refaites pas aux Français le coup de la « fracture sociale » ?  La fracture sociale c’était défendre les pauvres sans travail. Je veux qu’on oublie pas les travailleurs pauvres. Je ne promets pas plus d’assistance, mais plus de travail. Je suis contre l’égalitarisme, l’assistanat, le nivellement, pour le mérite, la juste récompense des efforts de chacun, et la promotion sociale.    Sur la valeur travail, l’immigration ou l’éducation, Ségolène Royal ne dit-elle pas la même chose que vous ?  Les socialistes proposent de travailler moins. Moi, je propose de gagner plus. Jusqu’à présent, la candidate socialiste ne nous a pas fait l’honneur de nous dire ce qu’elle proposait sur les 35 heures. Moi, je le dis très simplement: je veux que les 35 heures soient un minimum, pas un maximum. Sur les clandestins, c’est clair : si je suis président de la République il n’y aura pas de régularisation globale. Est-elle prête à prendre le même engagement ?   La suppression de la carte scolaire est-elle encore à l’ordre du jour ?  J’avance une idée précise : je propose que tout de suite 10 à 20% des effectifs des écoles puissent être recrutés hors secteur scolaire, pour que chaque parent soit libre du choix de son école. Le processus sera ensuite progressif. La suppression de la carte scolaire, dans mon esprit, est l’aboutissement d’une politique d’excellence dans tous les établissements. Je veux une mixité sociale qui tire vers le haut chaque enfant.   Depuis quelques temps, vous parlez beaucoup moins de « rupture »…  Aujourd’hui, la réalité est que j’incarne une rupture dans ma manière de faire de la politique. Je n’ai plus besoin d’insister. Je ne renonce à rien : ainsi si je suis élu, j’instaurerai le service minimum, la liberté syndicale et le vote à bulletin secret pour empêcher les piquets de grève. Le vote n’empêche pas ceux qui veulent faire grève de le faire. Mais s’il y a 51% de gens qui refusent la grève, on ne pourra pas les empêcher de travailler.   Diriez-vous que votre projet est libéral ?  Je suis libéral, mais je refuse la caricature du libéralisme. J’ai dit que le capitalisme doit respecter une éthique. Je ne transigerai pas là-dessus. Que les chefs d’entreprises aient des gros salaires, c’est normal car c’est la contrepartie d’un risque. Mais les « golden parachute » me choquent. Je crois que c’est le travail qui crée le travail. Je veux autoriser les gens à s’affranchir des 35 heures, à cumuler retraite et travail à temps partiel. Je veux que les patrimoines s’investissent en France, je veux qu’on développe le capitalisme familial, par exemple en défiscalisant la cotisation à l’ISF de ceux qui investiront dans les petites entreprises. Tout cela n’est-il pas libéral?   On vous reproche de vouloir calquer le contrat unique sur le CNE…  Le CNE est une création utile qui a prouvé son efficacité. Mais je veux créér un contrat nouveau qui conservera la souplesse tout en offrant davantage de garanties aux salariés. Ce sera l’objet d’une négociation avec les partenaires sociaux.   Sur les retraites, comment allez-vous éviter la levée de boucliers sur les régimes spéciaux ?  La loi Fillon permet de garantir leur paiement jusqu’à 2020. Le PS annonce qu’il reviendra sur cette loi. Moi, je la confirme. Tranquillement, pour des raisons d’équité, nous ferons la réforme des régimes spéciaux. En tenant compte, bien sûr, de la pénibilité. Je poserai également la question de la revalorisation des petites retraites. Celles par exemple des trois millions d’artisans, de commerçants et d’agriculteurs. Pour retrouver des marges de manoeuvre, il faut aussi permettre à ceux qui veulent continuer de travailler au-delà de 60 ans de le faire.   Vous proposez de redistribuer beaucoup d’argent aux Français. Mais où le trouverez-vous?  C’est vrai, la garde des enfants après l’école coûte de l’argent, mais cela coûte aussi davantage de laisser les orphelins de 16 h à la loi de la rue! Alors, oui, j’ai proposé 68 milliards de réduction des prélèvements obligatoires. C’est un objectif que l’on peut raisonnablement tenir en deux législatures, et moins si la croissance est au rendez-vous. Pourquoi ? Tout simplement pour rejoindre la moyenne européenne.   Comment est-ce possible ?  Je vous rappelle que je propose qu’un fonctionnaire sur deux mis à la retraite ne soit pas remplacé. Je compte aussi faire une révision systématique des habitudes de dépense. Il y a des économies à faire sur les 5 milliards d’euros par an d’allocations pour les préretraites, ou sur les 17 milliard d’euros d’aides aux entreprises pour financer les 35 heures. Dépenser tout cet argent public pour empêcher les gens de travailler c’est contraire à l’intérêt de la France. La formation professionnelle, c’est 23 milliards d’euros qui ne sont pas entièrement au service de la politique de l’emploi. Il y a matière à trouver des économies. Surtout, je veux relancer la croissance en libérant le travail. Pourquoi la France, depuis quinze ans a-t-elle 1% de croissance en moins que les pays comparables ? Parce que l’on ne travaille pas assez.   La TVA sociale figurera-t-elle dans votre programme présidentiel?  Mon opinion n’est pas définitivement faite sur cette question. Elle mérite débat. Le travail, c’est l’évidence, est surtaxé. Que nous reste-t-il? Le capital? Mais il s’en ira si on le taxe trop. La consommation, en revanche, ouvre des possibilités. Les Allemands l’ont fait, mais ils partaient d’une TVA à 16%. C’est une piste.   Paris accueille la conférence de l’Environnement. Croyez-vous à la réalité du péril climatique?  Oui. Ma conviction est que l’humanité danse sur un volcan. Et il faut agir maintenant. Je propose de taxer les importations des pays qui ne respectent pas les mêmes règles environnementales que nous. Je veux également que l’Europe se dote systématiquement d’un taux de TVA réduit sur les produits propres. Pour moi, l’environnement est aussi une source de croissance. Je veux que le développement durable irrigue toute notre stratégie économique. Sur ce point je suis effaré par la proposition de Ségolène Royal, qui consiste à diviser par deux l’énergie nucléaire sans qu’elle nous dise quand et comment elle la remplacera. Le retrait de Nicolas Hulot en tout état de cause me fait obligation d’honorer scrupuleusement les engagements du pacte écologique.   Vous avez parlé d’une « campagne de caniveau ».Ségolène Royal se plaint de la « médiocrité » du débat. Qui est responsable de ce climat ?  Se plaindre que la campagne ne soit pas de grande qualité quand on fuit le débat, c’est un grand classique ! Si l’on a des conseils à donner pour l’améliorer, je suis tout ouïe, mais je n’ai pas le sentiment de ne pas avoir fait de propositions. Et je le dis solennellement aux Français : ces propositions constituent un contrat de confiance. Je ferai tout ce que je dis.   L’UMP ne s’est pas privée de faire le procès en incompétence de Ségolène Royal. Est-ce la bonne approche ?  Les occasions ont été si nombreuses que je n’ai pas le sentiment que nous les ayons toutes relevées ! Je n’ai réagi qu’une seule fois, sur la Corse. Les Corses sont victimes et pas coupables de la violence. Je ne peux pas accepter que la question soit traitée avec tant de légèreté ! Quand on croit parler à un premier ministre étranger, on s’exprime au nom de la France. La sincérité de Mme Royal, parce que la conversation était censée être privée, n’excuse pas ce qu’elle a dit.   Les RG ont reconnu avoir enquêté sur Bruno Rebelle, un conseiller de votre adversaire PS. Cette affaire ne pose-t-elle pas la question de la date de votre départ du ministère de l’Intérieur ?  Ce sont deux questions distinctes. M. Rebelle a fait l’objet d’une fiche des RG il y a longtemps déjà parce qu’il était membre de Greenpeace, une association qui provoquait des troubles à l’ordre public. Cette fiche a été actualisée comme elle l’était régulièrement sous les gouvernements de gauche. Je ne vois pas le problème. Tout cela n’a aucun sens. Ou plutôt, cela traduit une nervosité que je peux comprendre. J’ai déjà eu l’occasion de m’étonner que M. Hollande demande mon départ du gouvernement, alors qu’il n’était pas gêné de participer à des réunions de campagne à Matignon avec M. Jospin. Je ne serai plus ministre quand la campagne officielle démarrera, le 9 avril au plus tard. Aucun candidat n’avait encore pris un tel engagement.   En restant à l’Intérieur, ne prenez-vous pas des risques ?  Ce n’est pas une question de risques, c’est une question de devoir. Les Français n’attendent pas de moi que je me désintéresse de leur sécurité. Entre l’engagement que j’ai pris vis-à-vis d’eux et les nécessités de la campagne, il y a un juste équilibre qui tient en une phrase : je fais mon travail.   Comment expliquez-vous que Michèle Alliot-Marie n’ait pas été autorisée à vous accompagner à Londres, hier ?  Le président de la République a considéré que ce n’était pas opportun, compte tenu des discussions en cours avec la Grande- Bretagne, mais Michèle Alliot-Marie s’exprimera à mes côtés à Toulon, le 7 février. À la différence des socialistes, j’ai compris que je devais associer toute ma famille politique. Je ne veux pas être un candidat solitaire. J’irai voir Angela Merkel le 12 février avec Alain Juppé, et j’espère que Dominique de Villepin pourra lui aussi m’apporter son aide le moment venu. J’en aurai besoin.    Quand ?  Quand Jacques Chirac aura fait connaître sa décision. Nous avons évoqué ce moment avec le président de la République, mais je ne suis pas son porte-parole.   Qu’attendez-vous de lui ?  Quand on est candidat à l’Élysée, on n’a rien à demander, ce sont les Français qui décident. Mais si le président de la République devait me manifester son soutien, ce serait important.   Allez-vous défendre les révisions constitutionnelles ?  Je ferai tout pour donner de la majorité l’image de l’unité et de la sérénité.   François Bayrou est-il pour vous un allié ou un adversaire ?  C’est un homme de qualité, qui mène une campagne intéressante, et je veille à ce que chacun puisse se retrouver le moment venu. Puisque aujourd’hui il y a concurrence, je ne la refuse pas. Les Français choisiront. Mais lui aussi devra choisir.    Faut-il que des élus UMP parrainent Jean-Marie Le Pen pour qu’il puisse se présenter ?  J’ai dit qu’on ne combattait pas les idées du FN, ou de l’extrême gauche, en les réduisant au silence. Mais c’est une chose de ne rien faire pour empêcher leurs candidatures, c’en est une autre de récolter des signatures pour eux. Ce n’est pas mon rôle.   Quel va être le sort du député UMP Christian Vanneste, condamné pour des propos homophobes ?  Il ne sera pas réinvesti aux législatives. Je condamne fermement ce qu’il a dit. Je ne veux ni de près ni de loin être associé à des propos homophobes. Depuis des années, j’accomplis un travail en profondeur sur l’ordre, le travail, la responsabilité, le respect. J’ai trop souffert d’une droite qui ne défendait pas ses idées pour prendre le risque de saboter cet effort en acceptant des propos caricaturaux.  

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